Cette loi voulait chasser l’automobile chinoise des Etats-Unis, elle a failli bannir Mercedes, Aston Martin et Volvo au passage
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Une loi américaine pensée pour fermer le marché aux constructeurs chinois a bien failli emporter au passage trois marques européennes installées de longue date : Mercedes-Benz, Aston Martin et Volvo.
Depuis plusieurs années, Washington mène la vie dure à l’industrie automobile chinoise. Les voitures importées de Chine sont taxées à 100 % à l’entrée du territoire, et dès l’administration Biden, les autorités redoutaient de voir les capteurs et caméras embarqués servir d’espions au gouvernement chinois.
Les sénateurs américains travaillent sur une loi plus radicale encore : interdire la vente de tout constructeur détenu à plus de 15 % par des actionnaires chinois. Sauf que ce critère, pensé contre la Chine, touche aussi des marques européennes que personne ne visait.
Un seuil de 15 % qui rate sa cible
Le principe de la loi tient en une ligne : tout constructeur dont plus de 15 % du capital est détenu par des actionnaires chinois ne pourrait plus vendre ses voitures aux Etats-Unis.

Mercedes-Benz, première marque concernée, est détenue à 9,7 % par le fondateur du groupe chinois Geely et à 9,98 % par Beijing Automotive Group (BAIC). En cumulant ces deux participations, le constructeur allemand dépasse le seuil fixé par le texte.
La marque allemande n’a pourtant rien d’un acteur chinois : sa 300 SL remportait déjà les 24 Heures du Mans en 1952, au début d’une longue histoire européenne. Aston Martin, elle, est détenue à 17 % par Geely, et Volvo appartient à 100 % au même groupe chinois.
À lire aussi : Près de 26 000 € d’écart avec son rival coréen : l’offensive de MG sur le marché français des sept places avec le S9
Trois marques, trois niveaux d’exposition
Les situations ne sont pas comparables. Chez Mercedes-Benz et Aston Martin, l’actionnaire chinois ne détient qu’une participation minoritaire, avec moins de marge de manœuvre. Une solution paraît plus simple à trouver.

Pour Volvo, c’est une autre histoire. Geely décide de tout, et le marché américain est vital pour cette marque premium. En être exclue représenterait un choc bien plus lourd que pour les deux autres.
Les sénateurs en ont conscience. « On ne va pas faire signer au président une loi interdisant à Mercedes de vendre ses voitures chez nous. On trouvera une façon d’éviter cela », affirme l’un d’eux, cité par les journalistes du Washington Post.
Pendant ce temps, Geely poursuit son implantation en Europe : le groupe a lancé sa propre marque en Belgique en mars 2026, rapporte L’Echo.
Une exception annoncée, mais rien n’est figé
Les sénateurs promettent donc de modifier le texte pour épargner les marques implantées de longue date aux Etats-Unis. Le calendrier et les détails de cette exception restent toutefois à arrêter.

La présidence américaine actuelle est par ailleurs décrite comme « changeante ». A l’occasion de la visite de Xi Jinping, elle disait vouloir « tendre les bras » à l’automobile chinoise, à condition que les constructeurs bâtissent des usines sur place.
La loi n’est pas encore votée. Mais l’épisode résume le risque d’un protectionnisme mal calibré : une arme pointée vers Pékin qui a failli toucher Mercedes-Benz, Aston Martin et Volvo au passage.
À lire aussi : Le mythe de la fiabilité allemande s’effrite : trois modèles parmis les dix voitures les moins fiables selon la dernière étude What Car
Conclusion
Cet épisode montre à quel point les frontières industrielles de l’automobile moderne restent interconnectées malgré la poussée des politiques protectionnistes. Alors que le texte final doit encore faire l’objet de votes au Congrès américain, les législateurs s’affairent à amender la loi pour éviter d’évincer des acteurs historiques du marché. Selon vous, les réglementations géopolitiques peuvent-elles réussir à séparer les capitaux chinois des marques automobiles européennes sans pénaliser ces dernières ?
