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Faire rugir une voiture électrique comme un V8 pourrait être interdit, Hambourg veut pousser Berlin à agir

Par Gilles MarchettiMis à jour le 22 septembre 2026
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Hambourg veut s’attaquer aux rugissements artificiels des voitures électriques sans supprimer les sons qui protègent les piétons, une distinction que Berlin devra traduire dans les règles nationales.

Les groupes SPD et Verts de la ville-État voudraient limiter les sons extérieurs conçus pour donner à une voiture électrique le caractère acoustique d’un moteur thermique. Leur cible ne serait donc pas le signal sonore imposé à faible allure, mais les effets ajoutés pour renforcer les sensations d’accélération.

Le titre parle bien d’une interdiction possible, pas d’une mesure déjà en vigueur. Hambourg ne dispose pas, à elle seule, du pouvoir nécessaire pour modifier les règles applicables aux véhicules vendus et utilisés dans toute l’Allemagne.

Hambourg étau le faux V8, pas le signal qui protège les piétons

Une voiture électrique peut être difficile à entendre lorsqu’elle roule lentement. C’est la raison d’être de l’AVAS, le système acoustique chargé de signaler sa présence aux piétons et aux cyclistes à faible vitesse. Les véhicules électriques et hybrides neufs sont concernés par cette obligation depuis juillet 2021, sous réserve de confirmation du périmètre réglementaire exact.

Hambourg étau le faux V8, pas le signal qui protège les piétons
@Alpine : Hambourg étau le faux V8, pas le signal qui protège les piétons

La demande portée à Hambourg viserait une autre catégorie de fils. Certains dispositifs électroniques diffusant à l’extérieur du véhicule une bande-son plus expressive, parfois inspirée du grondement ou des montées en régime d’un moteur thermique. Ces effets passent par des haut-parleurs et ne sont pas produits par la chaîne de traction électrique.

La frontière défendue par les élus serait donc fonctionnelle. Un son nécessaire pour rendre la voiture perceptible resterait autorisé. Un rugissement ajouté pour le spectacle pourrait être limité lorsqu’il dépasse le domaine d’utilisation du signal de sécurité.

Cette séparation évite de présenter le silence comme l’unique objectif. Elle cherche plutôt à empêcher qu’un véhicule naturellement discret devienne volontairement plus bruyant une fois lancé.

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Le bruit artificiel devient un sujet réglementaire à part entière

Les fils sportifs répondent à une difficulté propre aux électriques performantes. L’accélération peut être forte, mais elle ne s’accompagne plus de la bande-son mécanique associée aux moteurs à combustion. Les constructeurs peuvent recréer ce retour sonore dans l’habitacle, puis le diffuseur à l’extérieur.

Le bruit artificiel devient un sujet réglementaire à part entière
@Hyundai : Le bruit artificiel devient un sujet réglementaire à part entière

Le débat dépasse alors la simple préférence du conducteur. Un effet audible sur la voie publique s’ajoute au bruit de roulement, aux avertisseurs et au trafic déjà présent. Hambourg souhaiterait que cette émission volontaire soit traitée séparément du dispositif acoustique de sécurité.

Le règlement n°51 de la CEE-ONU, consacré au bruit des véhicules, travaille déjà sur la notion d’Enhanced Outside Sound. Elle couvre les systèmes installés pour augmenter artificiellement le niveau sonore extérieur d’un véhicule. Cette évolution technique doit encore être contrôlée dans le texte réglementaire applicable avant d’en déduire une interdiction générale.

Le parc automobile donne une idée de l’échelle à laquelle toute nouvelle règle sonore peut produire des effets. Au 1er janvier 2024, le SDES recensait 39,3 millions de voitures en circulation en France. Ce chiffre ne mesure pas les véhicules équipés d’un son artificiel, mais il rappelle pourquoi les normes automobiles dépassent rapidement le cas d’un seul modèle ou d’une seule ville.

Hambourg doit maintenant convaincre Berlin

La Bürgerschaft de Hambourg peut porter une demande politique, mais elle ne peut pas réécrire seule les règles nationales d’homologation et de circulation. Les groupes à l’origine de l’initiative voudraient que le gouvernement de la ville-État saisisse le Bundesrat, la chambre représentant les Länder allemands.

Hambourg doit maintenant convaincre Berlin
@Hyundai : Hambourg doit maintenant convaincre Berlin

Le parcours réglementaire pourrait ensuite croiser plusieurs niveaux de décision. Le droit allemand encadre l’usage des véhicules, tandis que les normes européennes et les prescriptions de la CEE-ONU interviennent dans leur homologation. La définition précise du son concerné sera donc déterminante.

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Conclusion

Une interdiction trop large risquerait d’englober l’AVAS, pourtant conçue pour la sécurité. Une règle plus ciblée pourrait porter sur le volume, la vitesse à laquelle le son est émis ou sa finalité. Le texte exact de la proposition de Hambourg devra préciser ces critères.

À ce stade, aucun faux V8 n’est interdit dans toute l’Allemagne sur la base de cette initiative. Hambourg ouvre un débat plus précis : une voiture électrique doit rester audible lorsqu’elle protège les usagers vulnérables, sans disposer automatiquement du droit de transformer la rue en caisse de résonance.

 

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Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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