Fiat ressuscite le nom Multipla, celui que tout le monde trouvait laid, et c’est peut-être ce qui rend le Multiplay intéressant
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Fiat joue la carte de la réhabilitation : le concept Multiplay reprend le nom du Multipla, moqué pour son style, et en fait un argument commercial.
Présenté au Mondial de l’automobile de Paris, le Multiplay reprend l’idée du monospace à une lettre près. Sa partie arrière coulisse pour le transformer d’un minivan six places en pick-up compact. Fiat n’a communiqué ni moteur ni autonomie, mais les proportions courtes et l’empattement long évoquent une plateforme électrique.
Ressortir ce nom n’a rien d’anodin. Le Multipla de deuxième génération, lancé en 1998, reste l’une des voitures les plus critiquées pour sa ligne. En le remettant au goût du jour, Fiat assume cet héritage au lieu de l’enterrer.

Un nom moqué, mais une voiture qui savait faire des choses
Le Multipla de 1998 dérangeait d’abord par sa face avant à deux étages, ses phares bas et son pare-brise qui montait haut. Cette ligne a suffi à en faire une cible récurrente des classements des voitures jugées les plus laides.
Le monospace n’était pourtant pas dénué de qualités. Commercialisé de janvier 1999 à décembre 2010, il offrait six vraies places sur deux rangées de trois, une disposition rare pour un gabarit compact.
Sous le capot, la version essence de base embarquait un 1.6 16v de 103 ch, crédité de 170 km/h en pointe, d’après la fiche MOTORSdb. Découvrez notre article sur Fiat ressort le nom Multipla, et cette Topolino XXL pourrait devenir sa réponse aux citadines électriques devenues trop chères.
Ce monospace moqué se revend aujourd’hui entre 1 000 et 4 500 euros, selon la cote relevée par AutoEstim. La réputation de laideur n’a jamais empêché la fonction de trouver preneur.
Le Multiplay, ou comment Fiat transforme le défaut en concept
Le Multiplay reprend le principe modulaire du nom et le modernise. Toit étendu, il se comporte en minivan pouvant accueillir six occupants plus un, soit 6+1. Toit rétracté vers l’avant, il libère une benne ouverte et passe en pick-up quatre places.
Fiat résume l’argument d’une phrase : pourquoi acheter deux ou trois véhicules quand un seul suffit pour une famille ? Le becquet de toit se mue en porte-vélos, la benne embarque du matériel de camping, et le coffre reste modeste en configuration minivan au profit des passagers.

L’habitacle pousse l’idée du véhicule « pièce de vie ». Le siège Petsenger sert de place dédiée au chien ou au chat, ou de fixation pour un siège enfant. Le siège passager pivote vers l’arrière, et la planche de bord devient le dossier d’un fauteuil de salon à l’arrêt.
Le clin d’œil à l’aînée passe par la barre lumineuse LED pixellisée sous le pare-brise et les feux de jour arrondis. La peinture vert pastèque, avec son habitacle rouge et rose, joue une carte estivale assumée, loin des teintes uniformes du marché.
Un concept séduisant, un précédent qui invite à la prudence
Fiat n’a rien dit de la puissance, de la batterie ni de l’autonomie. Les porte-à-faux courts et le nez trop court pour un moteur thermique laissent deviner une base électrique, sans certitude.
L’histoire a déjà servi d’avertissement. Citroën, aujourd’hui dans le même groupe Stellantis, a tenté la voiture modulable avec la C3 Pluriel dans les années 2000. Sur le papier, elle passait de berline à cabriolet puis à roadster pick-up. En pratique, le toit complexe a posé des soucis d’étanchéité, et les arceaux se rangeaient mal à bord.

La modularité ne vaut que si elle reste simple, étanche et durable. Une carrosserie coulissante coûte aussi plus cher à concevoir et à homologuer, sur la rigidité comme sur la sécurité en cas de choc.
Si le Multiplay devenait un jour une voiture de série, sa réussite se jouerait sur le prix. La clientèle Fiat y est sensible, et un mécanisme de toit coulissant risque de faire grimper la facture. Fiat n’a annoncé ni commercialisation ni tarif : à ce stade, le concept sert surtout à mesurer l’appétit du public pour ce nom controversé. Retrouvez aussi notre article sur Fiat pourrait vendre le Grizzly moins cher que le Citroën C3 Aircross, et Stellantis mettrait ses propres SUV en concurrence.
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