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La Chine a banni Tesla la première pour ses caméras, et cinq armées retournent exactement cet argument contre les voitures chinoises

Par Gilles MarchettiMis à jour le 27 octobre 2026
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La Chine a interdit Tesla de ses casernes dès 2021 à cause de ses caméras. Cinq armées occidentales viennent de retourner exactement ce même argument contre les voitures chinoises, les États-Unis fermant ce lundi la base de Kadena à toutes les BYD.

Depuis ce lundi 26 octobre au matin, les gardes de la base aérienne américaine de Kadena, à Okinawa, refoulent toutes les BYD qui se présentent : voitures particulières, taxis, camionnettes de livraison et véhicules des sous-traitants.

Les États-Unis deviennent ainsi la cinquième armée en dix-huit mois à tenir les voitures chinoises à distance de leurs installations. La crainte est partout la même : des caméras, des micros et un GPS reliés à un serveur lointain. Le plus ironique, c’est que la Chine avait été la première à formuler cet argument.

Cinq armées en dix-huit mois, de Londres à Okinawa

Le mouvement a commencé au Royaume-Uni en avril 2025, sur un site de renseignement militaire. Il a gagné Israël, puis la Pologne et la Belgique, avant d’atteindre l’armée américaine. Aucune de ces décisions ne s’appuie sur un cas d’espionnage rendu public : toutes sont présentées comme des mesures de précaution.

Le Royaume-Uni impose de se garer à plus de 3 km du site de renseignement de RAF Wyton avec une voiture à composants chinois, et de ne tenir aucune conversation sensible à bord. Israël a ordonné en novembre 2025 le retrait de plusieurs centaines de Chery louées à ses officiers depuis 2022. La Pologne interdit depuis février 2026 les voitures fabriquées en Chine dans ses sites protégés. La Belgique a cessé en août 2026 tout achat de voiture de service fabriquée en Chine pour son état-major, DS 9 comprise.

Kadena est l’une des plus grandes bases de l’armée de l’air américaine en Asie, avec ses avions, ses radars et ses dépôts de munitions. Sa porte-parole, la lieutenante-colonelle Alli Stormer, évoque un « risque inacceptable et impossible à atténuer pour notre personnel et notre mission », sans désigner de menace précise. La mesure pourrait s’étendre à d’autres bases américaines au Japon et en Corée du Sud.

La Norvège fait figure d’exception : aucune interdiction générale, malgré des codes de portails de bases militaires filmés par des voitures chinoises de location en septembre.

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Ce que les militaires craignent dans une voiture moderne

Une voiture électrique récente est un ordinateur roulant. Une BYD peut embarquer jusqu’à 10 caméras et des dizaines de capteurs, dont le LiDAR, utilisés pour l’aide à la conduite, le stationnement et la surveillance du véhicule garé. Pris un par un, ces équipements sont banals. Mis bout à bout, ils dessinent une carte précise de tout ce que la voiture croise.

Les caméras extérieures filment les abords, les portails, les plaques et les personnes, y compris voiture garée. Les micros de la commande vocale et du téléphone mains libres expliquent la consigne britannique de ne tenir aucune conversation sensible à bord. Le GPS garde l’historique des trajets et des arrêts. Le téléphone appairé livre ses contacts et ses messages à l’écran central, ce que la Pologne interdit désormais à ses militaires. Le modem de la voiture, lui, transmet des données au constructeur sans que le conducteur voie ce qui transite.

Ce qui distingue les marques chinoises tient d’abord à la loi chinoise sur le renseignement de 2017 : son article 7 impose à toute organisation et à tout citoyen de soutenir et d’aider le renseignement de l’État. BYD figure en outre, depuis le 8 juin 2026, sur la liste du Pentagone des entreprises jugées liées à l’armée chinoise. La Chine dénonce des « spéculations sans fondement », selon les mots de son ambassade en Israël.

La Chine avait banni Tesla dès 2021, pour les mêmes raisons

En mars 2021, l’armée chinoise ferme ses complexes militaires et ses logements de fonction aux Tesla, l’une des voitures électriques les plus vendues au monde. Motif avancé : leurs caméras pourraient exposer des lieux sensibles à des regards américains. La décision, révélée par l’agence Bloomberg, reprend exactement l’argument que les armées occidentales retournent aujourd’hui contre les marques chinoises.

Le 20 mars 2021, Elon Musk répond en visioconférence au China Development Forum, à Pékin : « Si Tesla utilisait ses voitures pour espionner en Chine ou ailleurs, nous serions fermés. » Tesla précise alors que les données de ses voitures vendues en Chine restent sur des serveurs installés en Chine. En juillet 2023, les Tesla sont encore tenues à l’écart des Universiades de Chengdu, pendant la visite de Xi Jinping.

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Conclusion

La défiance chinoise envers la technologie embarquée ne se limite pas aux Tesla : le ministère de l’Industrie (MIIT) préparerait une réglementation imposant le retour de commandes physiques dans les voitures, après avoir banni les poignées de portes inopérantes en cas de panne.

La chronologie tient en un constat : chaque puissance commence par soupçonner les voitures de l’autre. La Pologne est la seule à l’avoir écrit noir sur blanc, toute voiture capable d’enregistrer une position, une image ou un son n’entre dans un site protégé que fonctions coupées.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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