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Une voiture electrique peut mettre six mois a arriver : la fiscalite, elle, n’attend pas

Par Gilles MarchettiMis à jour le 26 octobre 2026
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Commander un véhicule électrique peut prendre jusqu’à six mois, alors que les règles fiscales sont parfois annoncées un mois et demi avant d’entrer en vigueur : c’est le décalage que dénonce Solal Botbol, PDG de Beev.

La première demande des dirigeants d’entreprises pour convertir leur parc à l’électrique tient en deux mots : visibilité fiscale. C’est le constat posé par Solal Botbol, cocréateur et PDG de Beev, PME spécialisée dans la vente de véhicules électriques et l’installation de bornes en entreprises.

« Il est courant que le gouvernement annonce des mesures un mois et demi avant leur mise en application, explique-t-il aux Echos. Or la livraison des véhicules électriques peut prendre entre quatre et six mois : au moment de leur arrivée, la fiscalité a changé. »

Une logique d’incitation devenue logique de contrainte

Depuis décembre 2024, le bonus écologique a été supprimé pour les entreprises. Il a été remplacé par un malus sur l’achat des véhicules qui ne sont pas 100 % électriques. « Nous sommes passés d’une logique d’incitation à une logique de contrainte », résume Solal Botbol.

Cette bascule s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. En 2025, le déficit public s’est établi à 151,6 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB, selon l’Insee.

Les particuliers, eux, conservent une aide à l’achat d’un véhicule électrique neuf. Elle peut grimper jusqu’à 5 700 euros pour les foyers aux revenus les plus modestes.

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Leasing social, bornes et occasion : les ajustements réclamés

En juillet 2026, le gouvernement a débloqué 401 millions d’euros pour inciter les foyers à acquérir en leasing un véhicule électrique neuf, à raison d’un maximum de 200 euros par mois. Au-delà de trois ans, ils peuvent l’acheter à sa valeur résiduelle ou le restituer.

C’est la restitution qui pose problème, selon Solal Botbol : « pour rendre un véhicule en leasing, il doit être absolument impeccable et respecter un kilométrage limité. Or le coût de la remise en état mène vite à une facture salée. » Il plaide pour que l’aide s’applique aussi à cette remise en état.

L’entrepreneur regrette également que les aides à l’achat restent réservées aux véhicules neufs, à l’écart de l’occasion, « surtout si ces mesures prétendent s’adresser aux foyers modestes ».

Il souhaite enfin le rétablissement du crédit d’impôt accordé depuis 2021 aux foyers installant des bornes de recharge à domicile, supprimé en 2026. « L’installation de bornes représente pourtant un enjeu majeur de la transition écologique. Le crédit d’impôt est un moins-perçu pour l’État, pas une dépense : je ne comprends pas cette logique. »

Un décollage réel, un parc encore anecdotique

Pour Solal Botbol, le décollage des ventes est néanmoins engagé : l’électrique occupe désormais 25 % des parts de marché. Sur les 39 millions de véhicules en circulation en France, cela ne représente que 3,5 % du parc.

« Nous sommes sur une pente ascendante », assure-t-il, et il présage un croisement des courbes entre véhicules thermiques et électriques à l’horizon 2040.

Ce décollage dépendra aussi d’un levier moins coûteux qu’une subvention : la possibilité, pour une entreprise, de commander sans craindre un revirement fiscal pendant les six mois d’attente. C’est toute la revendication portée par le patron de Beev.

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Conclusion

Bien que l’électrique franchisse le cap des 25 % de parts de marché sur le neuf, son empreinte reste mesurée à l’échelle du parc global, représentant environ 3,5 % des 39 millions de véhicules en circulation en France. Pour réussir le croisement des courbes entre thermique et électrique d’ici 2040, les acteurs du secteur rappellent que la visibilité réglementaire constitue un levier économique tout aussi décisif que les subventions directes. Pensez-vous que le gouvernement doive geler les règles fiscales d’un véhicule au jour exact de sa commande ?

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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