Opel et Alfa Romeo, deux marques historiques en perte de vitesse, pourraient trouver une bouée de sauvetage inattendue : la technologie électrique chinoise de Leapmotor, intégrée progressivement dans leurs gammes. Pour l’automobiliste européen, cela signifie des véhicules électriques moins chers et plus accessibles, mais aussi des questions sur la dépendance technologique et la qualité perçue.

Leapmotor redessine la stratégie d’Opel et Alfa Romeo : des SUV électriques à bas coût dès 2028
Stellantis transforme son approche de l’électrification avec un calendrier précis. Un SUV compact dérivé du Leapmotor B10 arrivera chez Opel à l’horizon 2028. Cette stratégie s’appuie sur une production européenne du B10 dès 2026 à Saragosse pour contourner les droits de douane chinois.
L’usine espagnole adapte sa ligne 2 pour accueillir jusqu’à 200 000 véhicules Leapmotor par an (Stellantis). Cette capacité industrielle massive révèle l’ampleur du pari technologique de Stellantis sur son partenaire chinois.
Le partenariat stratégique Stellantis-Leapmotor, formalisé en 2023, crée Leapmotor International avec une répartition 51%-49%. Leapmotor apporte son expertise en conduite autonome et intégration verticale, acquise depuis sa fondation en 2015. Stellantis récupère l’accès au marché européen et la production locale.
Les crédits CO₂ : le vrai moteur financier du redressement de Stellantis
Chaque véhicule électrique immatriculé génère des crédits CO₂ que Stellantis peut vendre ou utiliser pour compenser les émissions de ses autres modèles thermiques. Cette logique réglementaire européenne transforme Leapmotor en machine à cash pour le groupe franco-italien.
Leapmotor a généré environ 70 millions d’euros de crédits CO₂ pour Stellantis en 2025 (Stellantis). Avec 200 000 Leapmotor électriques immatriculées par an, Stellantis pourrait générer près de 1,8 milliard d’euros de crédits CO₂ (calcul basé sur pénalité de 95 euros par gramme de CO₂).
Le mécanisme européen pénalise chaque gramme de CO₂ dépassant les 95g/km de moyenne de gamme à 95 euros. Les véhicules électriques affichent 0g/km et compensent les modèles thermiques. Pour Stellantis, chaque Leapmotor vendue équivaut à plusieurs milliers d’euros de crédits.
Leapmotor peut-il maintenir sa trajectoire de croissance en Europe ?
Les chiffres de ventes européennes de Leapmotor impressionnent. Le T03 a affiché des performances commerciales solides début 2026 avec plus de 6 000 unités vendues mensuellement, soit une croissance de +677% (Jato Dynamics). Les ventes européennes sont passées de 163 à plus de 8 000 unités sur le premier semestre 2025 (Mobiwisy).
Cette croissance spectaculaire repose sur un positionnement prix agressif et une technologie mature. Le T03 propose 403 km d’autonomie WLTP à partir de 20 900 euros. Mais cette accessibilité cache des risques stratégiques pour Stellantis.

La dépendance technologique chinoise inquiète. Stellantis mise tout sur les plateformes, batteries et logiciels Leapmotor pour redresser Opel et Alfa Romeo. Si la croissance de Leapmotor s’essouffle face à la concurrence électrique qui s’intensifie, le plan de sauvetage s’effondre.
L’héritage européen d’Opel et Alfa Romeo contraste avec la technologie chinoise. Cette hybridation culturelle pourrait freiner l’acceptation client. L’évolution des régulations européennes pourrait aussi modifier les règles du jeu des crédits CO₂.
Conclusion
Leapmotor n’est pas un sauveur miracle, mais un partenaire stratégique qui offre à Stellantis une fenêtre de trésorerie critique pour redresser Opel et Alfa Romeo. Le succès dépendra moins de la technologie chinoise que de la capacité de Stellantis à transformer ces véhicules en produits européens crédibles et à maintenir la croissance commerciale de Leapmotor face à une concurrence électrique qui s’intensifie.
L’acceptation par le marché européen de cette technologie chinoise sous marques historiques déterminera le succès de cette stratégie de redressement.

