Renault Wind : le flop oublié de Renault sur une version étonnante de la twingo

Renault Wind : le flop oublié de Renault sur une version étonnante de la twingo
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Entre ambitions mal calibrées et marché désintéressé, la Renault Wind reste l’un des échecs commerciaux les plus marquants du Losange. Conçue sur une base de Twingo mais présentée comme un roadster chic et original, elle n’aura pas réussi à séduire les célibataires ni les amateurs de cabriolets. Retour sur l’histoire d’une auto aussi surprenante qu’incomprise.

Renault Wind
@Renault : Wind

Du concept séduisant au modèle trop tardif

En 2004, Renault surprend avec le concept Wind, un petit roadster élégant qui rappelle davantage une Mazda MX-5 qu’une citadine découvrable. Avec son capot allongé, ses proportions musclées et même une configuration trois places en trèfle, le prototype avait marqué les esprits. Mais le projet met trop de temps à se concrétiser. Ce n’est qu’en 2010 que la version de série voit le jour. Entre-temps, l’engouement pour les cabriolets compacts s’est essoufflé, et la Wind arrive sur un marché déjà moribond.

Un toit digne d’une Ferrari mais une identité floue

La particularité technique de la Wind repose sur son toit rigide pivotant, une solution directement inspirée de la Ferrari 575 Superamerica. En 12 secondes, le couvre-chef vient se loger au-dessus du coffre sans rogner sur le volume utile, un vrai exploit d’ingénierie. Pourtant, le style du modèle de série s’éloigne totalement du charme du concept. Renault met en avant une inspiration supposée de la Lamborghini Miura, mais les observateurs peinent à trouver une réelle filiation. La Wind peine donc à imposer une identité claire entre citadine découvrable et petit coupé sportif.

Une base technique empruntée à la Twingo RS

Twingo RS
@Renault : Twingo RS

Sous sa carrosserie atypique, la Wind reprend la plateforme et les trains roulants de la Twingo RS. Elle peut même recevoir le moteur 1.6 atmosphérique de 133 ch, un bloc plaisant mais pénalisé par un surpoids de plus de 120 kg. Résultat : des performances en retrait face à la petite sportive dont elle dérive. La version d’entrée, équipée du 1.2 TCe de 100 ch, manque clairement de souffle, avec un 0 à 100 km/h en 10,5 secondes. Le compromis entre cabriolet de charme et petit coupé dynamique reste donc difficile à trouver, et l’image sportive ne prend pas. Découvrez notre article sur Renault l’a compris avec le carton de la R5.

Un biplace qui limite sa clientèle

Contrairement à ses rivales directes comme la Peugeot 207 CC, la Renault Wind ne propose que deux places. Certes, les places arrière des cabriolets concurrents ne sont que des strapontins, mais elles offrent une certaine polyvalence. Avec son architecture strictement biplace, la Wind se coupe d’une partie de la clientèle qui cherche un minimum de praticité. Renault tente de transformer ce défaut en argument marketing avec des slogans orientés célibataires, mais l’accroche tombe à plat. Ni les couples ni les jeunes urbains n’adhèrent réellement à la promesse.

Des ventes catastrophiques malgré une version Gordini

Renault Wind
@Renault : Wind

Dès son lancement, les chiffres de vente sont décevants : seulement 6 388 exemplaires écoulés en 2010 en Europe. En 2011, Renault tente de relancer l’intérêt avec une version Gordini, reconnaissable à ses bandes blanches, mais l’effet reste marginal avec 6 816 ventes. L’année 2012 est encore pire, avec moins de 1 000 unités produites. En 2013, seuls 245 exemplaires sont écoulés pour vider les stocks. En tout, moins de 15 000 Renault Wind auront été fabriquées, un échec commercial évident pour une voiture qui devait insuffler un vent de fraîcheur.

Une curiosité sur le marché de l’occasion

Aujourd’hui, la Renault Wind reste une rareté sur les routes, mais pas un modèle de collection. En France, seules 5 053 unités ont été immatriculées. Sur le marché de l’occasion, les prix oscillent entre 4 000 et 12 800 €, la majorité se situant autour de 7 000 à 9 000 €. À titre de comparaison, la Wind était vendue neuve à partir de 17 500 € en version 100 ch et 19 500 € pour la version 133 ch. La déclinaison Gordini, plus huppée, culminait à 20 900 €. Une cote aujourd’hui bien modeste pour une auto atypique, mais qui n’a jamais trouvé son public.

Conclusion

La Renault Wind restera comme un exemple parfait d’une bonne idée mal exécutée. Un concept séduisant, une innovation technique avec son toit unique, mais une arrivée trop tardive sur un marché en déclin et une identité mal définie. Biplace exclusif, style clivant et tarifs pas vraiment compétitifs auront eu raison de son avenir. Elle demeure une curiosité attachante pour quelques passionnés, mais aussi un rappel des vents contraires qui soufflent parfois dans l’industrie automobile.

Jacqueline