Restaurée mais jamais enfermée, la Renault 8 S de Paul avale encore ses 1 000 kilomètres par an
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Depuis 1978, Paul Nicoules roule avec la même Renault 8 S jaune. Restaurée avec soin, elle n’a jamais été transformée en pièce de musée : elle avale encore ses kilomètres chaque année sur les routes du Tarn.
À Cunac, près d’Albi, Paul Nicoules n’a jamais pu se résoudre à vendre sa Renault 8 S jaune. Achetée à son frère en 1978 pour 1 700 francs, soit un peu plus de 1 000 € actuels, la petite berline l’accompagne depuis près d’un demi-siècle.
De son premier emploi en Ariège à ses 34 ans de mécanicien dans le Tarn, la voiture a tout parcouru avec lui. « Cette voiture, elle crèvera avec moi », plaisante-t-il dans des propositions recueillies par La Dépêche .
Une fidèle compagnie achetée 1 700 francs en 1978
Sortie à la fin des années 1960, la Renault 8 S affiche environ 55 ch pour quelque 800 kg et une pointe à 145 km/h. À l’époque, elle se fait surnommer « la Gordini du pauvre », une sportive accessible qui colle à ce que cherche Paul.
Le jeune homme l’achète à son frère en 1978. Elle le mène à son premier boulot, en Ariège, aux forges de Niaux du côté de Tarascon. La voiture remonte avec lui en Aveyron, puis dans le Tarn, où il passera 34 ans comme mécanicien.
Impossible de connaître le kilométrage exact : le compteur revient à zéro tous les 100 000 km. Paul évoque « peut-être un ou deux » tours complets. Dans son garage, la R8 S côtoie une Citroën Rosalie, une 2CV et un cabriolet anglais.
Une restauration maison, mais pas une voiture de musée
Il y a quelques années, Paul décide de la restaurer, sans en faire un objet de collection. « On attaque demain et l’an prochain il faut que la voiture soit là », lance-t-il alors à sa fille, lors d’un vide-grenier.
Le mécanicien démonte tout, remonte le moteur et fait refabriquer certaines pièces. Seule la carrosserie passe en cabine de peinture. Il tient à garder la teinte jaune et la plaque d’origine.
« Même pour faire 1 000 kilomètres dans l’année, l’important c’est de s’en servir », assume-t-il. Le sexagénaire refuse de l’enfermer au garage : « Je pense que vous pouvez me donner tout l’argent que vous voulez, vous ne l’aurez pas. »
Une mécanique d’un autre temps, encore en service
Sous le capot arrière, pas d’électronique. « C’est un moteur très basique comme ceux d’autrefois », décrit Paul, qui garde quelques clés, des vis et une bobine enveloppée dans un chiffon, au cas où.
Dans l’habitacle étroit, sans direction assistée, le levier de vitesses réclame de la poigne. « Sur la route, il faut savoir un peu la manipuler parce qu’il n’y a pas de poids à l’avant », explique-t-il. Le moteur arrière ronfle à chaque accélération : « Elle a son caractère. »
Ses enfants partagent désormais cet attachement et promettent de faire vivre longtemps la petite jaune sur les routes du Tarn.
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Conclusion
En refusant toutes les offres d’achat pour conserver sa Renault 8 S sur les routes du Tarn, Paul Nicoules rappelle que la passion automobile réside d’abord dans l’émotion et les souvenirs partagés au volant. Transmise à ses enfants qui promettent de la faire rouler encore longtemps, cette « petite jaune » prouve que les mécaniques d’autrefois ont encore de beaux jours devant elles. Et vous, quelle est la voiture populaire d’autrefois dont vous gardez le souvenir le plus mémorable ?
