Skoda ouvre les commandes du Peaq, mais un gros problème risque de refroidir les acheteurs français
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Les commandes du grand SUV électrique 7 places Skoda Peaq sont officiellement ouvertes depuis le 23 juin 2026, avec deux versions au catalogue : la 90 à 56 460 € et la 90x à 62 610 €. Pour un acheteur français en quête d’un véhicule électrique spacieux et techniquement séduisant, ce lancement soulève une question tarifaire majeure. Ce qui rend la situation gênante pour Skoda : la marque avait délibérément baissé les prix de l’Enyaq début 2025 pour rester sous le seuil du bonus, et en avait fait un argument commercial central.

Le Peaq, techniquement séduisant mais tarifé hors bonus
Sur le papier, le Peaq est une proposition sérieuse. Avec ses 4,87 mètres de long, ses 1,87 mètres de large et un empattement frôlant les 3 mètres, Skoda livre enfin un SUV 7 places capable de tenir tête aux grands formats du segment.
La version 90 embarque une batterie de 91 kWh bruts (86 kWh nets), développe 286 ch et revendique jusqu’à 600 km d’autonomie WLTP. La 90x monte à 299 ch avec transmission intégrale. La recharge rapide est annoncée à 199 kW maximum en courant continu, ce qui permet de passer de 10 à 80 % en 28 minutes seulement.
L’habitacle ne déçoit pas non plus. Le toit panoramique électrochromique mesure 2,12 m², découpé en neuf segments pilotables indépendamment. L’écran central de 13,6 pouces tourne sous Android Automotive avec Google Maps, Spotify et YouTube natifs. L’habitacle intègre 50 kg de matériaux recyclés selon Skoda. Le coffre offre 299 litres derrière la troisième rangée, 935 litres en configuration 5 places, et un frunk de 37 litres à l’avant.
Le Peaq partage sa plateforme MEB+ avec le Volkswagen ID.Buzz, ce qui justifie une partie du positionnement tarifaire.
La version d’entrée de gamme démarre à 56 460 €, soit 9 460 € au-dessus du plafond d’éligibilité au bonus fixé à 47 000 € TTC. Les deux versions commandables dépassent ce seuil : aucune aide à l’achat n’est possible pour un acheteur français.
Le précédent de l’Enyaq : quand Skoda baissait les prix pour rester éligible
En janvier 2025, la marque avait délibérément baissé les prix de l’Enyaq restylé de 6 000 à 10 000 € selon les versions pour passer sous le seuil des 47 000 €. La version 85 Element était ainsi passée à 46 270 €, soit 730 € sous la limite. Skoda France avait même fait de cet argument un axe commercial central, avec un communiqué de presse intitulé sans ambiguïté : « Škoda dévoile les tarifs des nouveaux Enyaq et Enyaq Coupé éligibles au bonus gouvernemental en France. »
La marque connaît donc parfaitement les règles du jeu français. Elle a prouvé qu’elle était capable de s’y adapter, quitte à sacrifier plusieurs milliers d’euros de marge. Avec le Peaq, elle choisit de ne pas le faire.
Le manque à gagner pour l’acheteur est pourtant concret. Le bonus « Coup de pouce » 2026 peut atteindre 5 700 € pour les ménages précaires, 4 700 € pour les ménages modestes et 3 500 € pour les autres ménages. Un surbonus de 1 200 à 2 000 € s’y ajoute si la batterie est produite en Europe.

Le Peaq partage la plateforme MEB+ avec l’ID.Buzz, dont les batteries sont assemblées à Salzgitter (Allemagne), ce qui laisse supposer une éligibilité au surbonus, sous réserve de confirmation officielle de Skoda. Total : entre 3 500 € et 7 700 € d’aides auxquelles chaque acheteur français du Peaq ne peut pas prétendre.
Une seule porte de sortie existe théoriquement : la version Peaq 60, dotée d’une batterie de 63 kWh et d’un moteur de 204 ch, qui pourrait être proposée sous les 47 000 €. Mais cette version n’est pas encore commandable en France, et sa disponibilité sur le marché français reste incertaine.
Peaq vs e-5008 : l’écart réel dépasse les 9 000 €
Sur le segment des SUV électriques 7 places, le concurrent direct du Peaq est le Peugeot e-5008. La comparaison est défavorable au Skoda.
Le e-5008 démarre à 46 690 € en finition Allure, soit 310 € sous le plafond des 47 000 €. Il est donc éligible au bonus écologique. L’écart de prix catalogue entre les deux modèles est déjà de 9 770 € en faveur du Peugeot. Mais ce n’est pas l’écart réel.

Un acheteur du e-5008 peut bénéficier de 3 500 à 5 700 € de bonus selon ses revenus, auxquels s’ajoute le surbonus batterie. L’écart effectif grimpe à 13 270 € pour un ménage standard (9 770 € + 3 500 €), et jusqu’à 17 470 € pour un ménage précaire qui maximise ses aides (9 770 € + 5 700 € + 2 000 €). C’est une somme qui change radicalement l’équation d’achat.
Le Kia EV9 est lui aussi hors bonus, avec des prix débutant autour de 72 000 € en France. Le Peaq reste donc plus accessible que l’EV9 sur ce segment premium. Mais face au e-5008, la comparaison tourne clairement à l’avantage du Peugeot dès qu’on intègre les aides.
Conclusion : un choix tarifaire qui pénalise l’acheteur français
Techniquement, le Peaq tient ses promesses : 600 km WLTP, 199 kW de recharge, habitacle soigné. Mais son positionnement tarifaire pénalise directement l’acheteur français.
Contrairement à l’Enyaq, dont les prix avaient été abaissés de 6 000 à 10 000 € pour rester sous le seuil, le Peaq ne bénéficie d’aucun ajustement tarifaire. Skoda n’a pas communiqué sur ce choix.
Allez-vous accepter de payer 9 460 € de plus que le seuil du bonus pour un SUV 7 places, ou préférez-vous le Peugeot e-5008 qui vous laisse 3 500 à 7 000 € d’aides en poche ?
