40 millions de voitures à électrifier : ce que cela représente par an, et pourquoi Jancovici juge la transition tenable
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Électrifier les 40 millions de voitures françaises particulières demandent 2 millions d’exemplaires par an pendant 20 ans : un rythme que Jean-Marc Jancovici juge tenable, à condition de rouler moins, de choisir des modèles plus petits et de recycler les batteries.
Sur RTL, le 7 novembre 2026, l’ingénieur a résumé le basculement en une formule : « on n’a plus besoin de convaincre les gens ». La consommation de carburant a diminué ces derniers mois, notamment sous l’effet de la crise internationale, et les acheteurs de voitures neuves se tournent d’eux-mêmes vers l’électrique. Le signal prix, « malheureusement, ça marche ».
Fondateur du Shift Project et associé fondateur du cabinet Carbone 4, il tient ce discours sur le climat depuis le début des années 2000, comme le notait Le Nouvel Obs. En 2017, dans Sud Ouest, il jugeait encore la voiture électrique « un rêve high-tech parmi d’autres ». Huit ans plus tard, le constat a changé de nature.
2 millions de voitures électriques par an pendant 20 ans
La France compte 40 millions de voitures particulières, a rappelé Jean-Marc Jancovici. Remplacer l’intégralité du parc en 20 ans imposer un rythme de 2 millions de voitures électriques par an, « des chiffres raisonnablement importants », de son propre aveu.
Le véhicule électrique coûte plus cher à l’achat, mais « beaucoup moins cher à l’usage » sur sa durée de vie, et il permet de rouler sans huile. Une partie de ces modèles est également fabriquée en France ou en Europe, de quoi faire tourner l’économie nationale.
Les batteries se recyclent très bien, contrairement au CO2
L’argument des batteries, souvent opposé à l’électrique, ne tient pas selon lui. « À la différence du CO2 dans l’atmosphère qui se recycle très mal, les batteries de voitures électriques, elles se recyclent très bien. » Le métal se récupère, et comme il vaut cher, une véritable industrie du recyclage peut émerger dès que le volume de batteries à traiter devient important.
Sur l’électricité, la quantité ne devrait pas poser de problème majeur, « sauf si on a tout donné au data center avant d’électrifier le parc ». D’où sa mise en garde : ne pas gaspiller l’électricité décarbonée.
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Moins de voitures, plus petites : la clé du raisonnement
Le point décisif tient à une réorganisation : il n’est pas nécessaire de produire 2 millions de voitures électriques par an. « On peut s’organiser avec moins de voitures et plus de modes actifs, de bus, de trains », at-il détaillé. Sans pousser tout le monde au vélo, mais en impliquant la dépendance globale du pays à l’automobile.
Des véhicules plus petits complètent l’équation, sans que cela « fasse très mal » aux conducteurs. « À ce moment-là, on aura à la fois de quoi les produire et de quoi les alimenter sans problème. » Une vision que l’association 40 millions d’automobilistes, présidée par Pierre Chasseray, avait déjà qualifiée de « hors-sol » en juin 2025, s’opposant à « la réalité du bitume » à ses graphiques.
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Conclusion
En évaluant à 2 millions d’unités par an le rythme nécessaire pour électrifier l’ensemble du parc automobile français d’ici deux décennies, Jean-Marc Jancovici recadre le débat autour de la physique des flux et de la sobriété matérielle. Loin d’une transition indolore basée sur la simple substitution technologique, le modèle plaide pour une réduction ciblée de la taille et de l’usage des véhicules. Pensez-vous que la réduction de la taille des voitures particulières soit la seule alternative viable pour généraliser la voiture électrique sans saturer les réseaux de production d’énergie ?
