La stratégie électrique de Renault subit un revers majeur avec le retrait successif de Nissan et Mitsubishi du projet Ampere. Cette filiale, créée fin 2023 pour porter l’offensive électrique du groupe, devait initialement bénéficier d’investissements conjoints de ses partenaires historiques. Mais les réalités économiques ont changé la donne.
Nissan et Mitsubishi se retirent du capital d’Ampere
Nissan a été le premier à annoncer son retrait, invoquant une perte historique de 4,1 milliards d’euros et un vaste plan de restructuration impliquant la suppression de 19 000 emplois dans le monde. Mitsubishi a suivi, renonçant à son investissement de 200 millions d’euros dans Ampere, tout en affirmant vouloir maintenir des collaborations industrielles avec Renault.
Ces désengagements successifs laissent Renault seul maître à bord d’Ampere, mais le groupe se veut rassurant. Il affirme disposer des ressources nécessaires pour financer le développement de sa filiale jusqu’à l’équilibre financier prévu pour fin 2025.
Des collaborations industrielles qui perdurent
Malgré le retrait financier de ses partenaires, Renault continue de collaborer avec Nissan et Mitsubishi sur le plan industriel. La future Twingo électrique servira de base à une citadine Nissan, tandis que la nouvelle Micra sera dérivée de la R5 électrique. De son côté, Mitsubishi prévoit de lancer un SUV électrique basé sur le Scénic E-Tech.

Ces synergies permettent à Renault de mutualiser les coûts de développement et de production, tout en renforçant sa position sur le marché européen de l’électrique.
Ampere face aux défis du marché électrique
Le marché des véhicules électriques connaît une phase de consolidation, avec des ventes en baisse et une concurrence accrue, notamment de la part des constructeurs chinois. Ampere mise sur l’innovation pour se démarquer, avec des objectifs ambitieux : réduire les coûts de production de 40 % d’ici à 2028 et proposer des modèles abordables, comme la future Twingo électrique à moins de 20 000 euros.
Pour atteindre ces objectifs, Ampere investit dans de nouvelles technologies de batteries, comme la chimie LFP et les solutions « Cell-to-Pack », qui devraient permettre de réduire le coût des batteries de 20 % dès 2026.
Une ambition intacte malgré les turbulences
Malgré le retrait de ses partenaires japonais, Renault maintient le cap pour Ampere. La filiale vise une production annuelle d’un million de véhicules électriques d’ici à 2031, avec des modèles phares comme la Mégane E-Tech, la R5 électrique et la future Twingo. L’usine de Douai, cœur industriel d’Ampere, symbolise cette ambition, avec une montée en cadence prévue pour 2025.

Le succès d’Ampere dépendra de sa capacité à innover, à maîtriser ses coûts et à séduire une clientèle de plus en plus exigeante. La route est semée d’embûches, mais Renault semble déterminé à relever le défi.
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