BYD marque le pas : l’euphorie de la croissance cède à la réalité du marché

Le BYD Seal U devient le SUV hybride rechargeable n°1 en Europe
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Après des années de croissance fulgurante, le géant chinois de l’automobile électrifiée BYD montre ses premières vraies fragilités. En ce début 2026, l’entreprise subit un net coup d’arrêt sur son marché domestique, avec des chiffres de ventes en forte baisse. De quoi alimenter les doutes sur la pérennité de son ascension spectaculaire.

BYD Seal U design extérieur
@BYD : Seal U design extérieur

Une chute brutale des ventes en janvier

Le mois de janvier 2026 marque une cassure nette pour BYD. Le constructeur a livré 210 051 véhicules dans le monde, soit une baisse de près de 30 % par rapport à janvier 2025.

Les voitures particulières représentent l’essentiel du volume, mais les tendances sont claires : les ventes de modèles hybrides rechargeables chutent de 28,5 %, celles des véhicules 100 % électriques reculent de 33,6 %.

Désormais, BYD vend davantage d’hybrides rechargeables que d’électriques purs, un renversement notable pour une marque jusque-là fer de lance du tout-électrique.

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BYD Sealion 6 design extérieur
@BYD : Sealion 6 design extérieur

Des objectifs revus à la baisse

En 2025, BYD affichait encore une croissance globale de ses ventes, avec 4,5 millions de véhicules écoulés, en hausse de 6,9 %.

Un chiffre que la plupart des constructeurs envieraient, mais qui reste loin des ambitions initiales de BYD, qui visait plus de 5 millions d’unités. Ces résultats décevants l’ont contraint à revoir ses prévisions.

BYD Seal U design intérieur
@BYD : Seal U design intérieur

L’export, nouveau moteur de croissance

Face à ce ralentissement en Chine, BYD accélère sa stratégie d’exportation. Une bonne nouvelle : les ventes à l’étranger ont bondi de plus de 51 % en un an.

En Europe notamment, la marque mise désormais sur ses modèles hybrides rechargeables, plus compétitifs en prix que ses véhicules 100 % électriques. Le Seal U DM-i s’est imposé comme l’hybride rechargeable le plus vendu du continent en 2025. Les nouveaux modèles comme le Sealion 5 DM-i ou l’Atto2 DM-i sont conçus pour renforcer cette dynamique.

L’installation d’une usine de production en Hongrie, prévue pour desservir l’ensemble du marché européen, doit aussi permettre à BYD de contourner les droits de douane et d’augmenter ses marges.

Un contexte chinois de plus en plus concurrentiel

Le principal défi de BYD reste son marché national. La baisse des incitations fiscales pour les véhicules électrifiés et la montée en puissance de concurrents locaux comme Xiaomi, Xpeng, Leapmotor ou Geely compliquent la donne.

Les analystes notent que les ventes sont en baisse depuis cinq mois consécutifs. Des soupçons d’immatriculations artificiellement gonflées par le passé ternissent aussi l’image du groupe.

Il est encore trop tôt pour dire si ce ralentissement est passager ou s’il marque une inflexion plus profonde dans la trajectoire de BYD. Mais une chose est sûre : le géant chinois, souvent présenté comme un modèle de réussite fulgurante dans l’électromobilité, entre dans une phase plus incertaine, où la consolidation de ses positions sera aussi importante que leur conquête.

Anna Lindo