Le constructeur Xpeng vise une usine Volkswagen en Europe pour accélérer son expansion

Le constructeur Xpeng vise une usine Volkswagen en Europe pour accélérer son expansion

Le constructeur chinois Xpeng serait en discussions avec Volkswagen pour reprendre un site de production européen, cherchant à échapper aux surtaxes douanières pouvant atteindre 35,3 % sur les véhicules fabriqués en Chine. Cette démarche s’inscrit dans une tendance de fond qui voit plusieurs constructeurs chinois reprendre les usines européennes sous-utilisées des groupes historiques.

Ce qui ressemblait encore il y a deux ans à un phénomène isolé prend désormais l’allure d’une stratégie industrielle structurée. Les constructeurs chinois de voitures électriques ne cherchent plus à construire leurs propres usines sur le sol européen : ils préfèrent racheter celles qui existent déjà, souvent sous-utilisées par des groupes historiques en difficulté. Xpeng serait le dernier en date à s’engager dans cette voie, avec dans le viseur un site appartenant à Volkswagen, son propre partenaire stratégique depuis 2023.

Xpeng P7+ design extérieur
@Xpeng : P7+ design extérieur

Xpeng en discussions avec Volkswagen pour une implantation industrielle en Europe

Selon des informations rapportées par le Financial Times, Xpeng et Volkswagen seraient actuellement en pourparlers autour d’une possible reprise d’un site de production européen. Le constructeur chinois assemble aujourd’hui ses modèles G6 et G9 destinés au marché européen chez Magna Steyr en Autriche via un contrat de sous-traitance, une solution montrant ses limites à mesure que les volumes augmentent. En avril 2026, Xpeng a exporté 6 006 véhicules, un record absolu en hausse de 62 % sur un an, rendant la possession d’un outil industriel en propre indispensable pour soutenir cette trajectoire de croissance.

Les surtaxes douanières européennes, moteur principal de cette stratégie

Xpeng P7+ design intérieur
@Xpeng : P7+ design intérieur

Les raisons qui poussent Xpeng à vouloir produire directement en Europe sont clairement identifiées. Produire sur le sol européen permet d’échapper aux surtaxes douanières imposées par Bruxelles depuis octobre 2024 sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, pouvant atteindre 35,3 % selon les constructeurs, auxquelles s’ajoute le droit de douane de base de 10 %. Sur un marché où chaque centaine d’euros sur le prix de vente peut faire basculer un acheteur vers la concurrence, ce surcoût est difficilement absorbable à long terme pour maintenir une compétitivité tarifaire face aux constructeurs européens.

Une tendance qui touche tout le secteur automobile européen

Xpeng n’est pas seul à regarder les usines européennes avec intérêt. Leapmotor produit déjà des véhicules électriques à Saragosse grâce à un accord avec Stellantis, Chery a choisi l’ancienne usine Nissan de Barcelone pour son entrée industrielle, et BYD discuterait avec Stellantis pour reprendre un site sur le continent. Geely et Dongfeng auraient également approché Ford et Nissan pour leurs sites espagnol et britannique. La logique économique est implacable : reprendre une usine déjà équipée est bien plus rapide et moins coûteux que de bâtir un site industriel de zéro.

Ce que cela change pour les constructeurs européens

Xpeng P7+ vue arrière
@Xpeng : P7+ vue arrière

Pour les groupes automobiles historiques, ces discussions présentent un attrait évident à court terme : maintenir des lignes en activité, préserver des emplois locaux et générer des revenus là où les carnets de commandes se réduisent. Mais ce calcul comporte un risque stratégique majeur que peu d’analystes ignorent. En installant des constructeurs chinois au cœur de leur appareil industriel, Renault, Stellantis ou Volkswagen contribuent à faciliter leur montée en puissance sur leur propre terrain, ces nouveaux entrants bénéficiant des mêmes conditions de production et d’une image assemblé en Europe qui les rend moins vulnérables aux tensions commerciales futures. Découvrez notre article sur Volkswagen-Xpeng : la nouvelle ID. Un modèle conçu en un temps record qui bouscule l’industrie.

Conclusion

La multiplication de ces rachats et accords industriels en l’espace de quelques mois confirme que la recomposition de l’industrie automobile européenne est déjà bien engagée, loin des discours sur la souveraineté industrielle. Pour les acheteurs, cela pourrait se traduire par une offre de voitures électriques plus large et des prix plus compétitifs à moyen terme. Et vous, la perspective de voitures chinoises assemblées en Europe vous rassure-t-elle sur leur qualité ou cela ne change-t-il rien à votre perception ? Donnez-nous votre avis en commentaire, nous sommes impatients de vous lire !

Jacqueline