En 2024, malgré des tarifs à partir de 100 euros par mois, Renault n’a capté que 20 % des commandes du leasing social contre 70 % pour Stellantis, une déception qui révèle les vrais obstacles à l’adoption des véhicules électriques.
Le leasing social a enregistré 18 000 commandes le premier jour d’ouverture en 2025, confirmant l’appétit des ménages pour l’électrique à bas coût. Mais cette demande massive révèle aussi les limites de 2024 : Renault n’a pas su en tirer parti malgré une offre tarifaire compétitive. Comprendre pourquoi les prix attractifs ne suffisent pas, et ce qui a changé en 2025.

Leasing social 2024 : comment Renault s’est fait distancer malgré des prix imbattables
Les chiffres sont sans appel. Sur les 50 000 commandes enregistrées lors du leasing social 2024, Renault n’en a capté que 20%, soit environ 10 000 véhicules. Stellantis, de son côté, en a raflé 70%. Luca de Meo, PDG de Renault, a lui-même confirmé cet écart sur BFM Business.
Ce n’est pas une question de prix. Renault était bien présent dans le dispositif avec des tarifs compétitifs : certains modèles étaient accessibles à partir de 100 euros par mois, et la R4 E-Tech affichée à 155 euros mensuels en 2025. Sur le papier, l’offre tarifaire tenait la route.

Le problème se situait ailleurs. Plus de 11 000 commandes du leasing social 2025 provenaient des zones à enjeu pour la qualité de l’air (données du programme gouvernemental), des ménages avec des besoins de mobilité quotidienne réels et précis. Ces acheteurs ne cherchaient pas seulement un prix bas : ils cherchaient un véhicule utilisable au quotidien.
Zoé obsolète, Twingo limitée, Mégane indisponible : les vrais freins à l’adoption
En 2024, Renault présentait quatre modèles au dispositif : la Twingo, la Zoé, la Mégane E-Tech et le Kangoo. Une gamme large sur le papier, trouée dans les faits.
La Twingo électrique affichait une autonomie de 150 à 180 km avec sa batterie de 21 kWh. Pour un ménage éligible au leasing social, souvent situé en périphérie urbaine ou en zone rurale, cette autonomie posait un problème concret. Pas de panique sur autoroute, mais une vraie contrainte dès que les trajets s’allongent.

La Zoé, elle, traînait une image de fin de carrière. Lancée en 2012, restylée en 2019, elle était perçue comme dépassée par les consommateurs malgré ses qualités réelles. Dans un dispositif où l’acheteur compare activement les offres, cette perception comptait autant que les chiffres techniques.
Quant à la Mégane E-Tech, le modèle le plus désirable de la gamme avec ses 470 km d’autonomie WLTP, elle a été retirée du dispositif faute de stocks suffisants. Le modèle qui aurait pu faire la différence n’était tout simplement pas disponible.
2025 : la Renault 5 E-Tech redresse la barre avec 10 000 commandes
La Renault 5 E-Tech change la donne. En leasing social 2025, elle a enregistré 10 000 commandes sur un total de 41 500 en trente jours. Elle domine le programme. C’est le résultat d’un produit enfin aligné avec les attentes.
Les chiffres techniques expliquent en grande partie cet accueil. La R5 E-Tech (version 52 kWh) affiche 410 km d’autonomie selon le cycle WLTP et une recharge rapide de 15 à 80 % en 30 minutes. Ce n’est plus la même conversation qu’avec une Twingo à 21 kWh.
L’argument de production française joue également. La R5 E-Tech sort de l’usine de Flins-sur-Seine, ce qui permet à Renault de mettre en avant la souveraineté industrielle dans un dispositif gouvernemental sensible à ces questions. Sur le marché global, la R5 totalise 21 734 immatriculations au cumul à fin septembre 2025, résistant face au retour en force du Tesla Model Y.

Le rebond est réel. Mais il confirme surtout le diagnostic de 2024 : ce n’était pas le leasing social qui dysfonctionnait, c’était l’adéquation entre l’offre Renault et les besoins des ménages éligibles.
Le leasing social 2024 a montré que le prix seul ne vend pas une voiture électrique, il faut aussi l’autonomie, la fiabilité perçue et la disponibilité. Renault l’a compris en 2025 avec la R5 E-Tech, qui combine enfin tarif attractif et produit compétitif.
Si vous étiez éligible au leasing social aujourd’hui, la R5 E-Tech à 155 euros par mois suffirait-elle à vous convaincre de passer à l’électrique ?

