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Bien avant la Citroën Ami, cette minuscule électrique promettait déjà 48 km d’autonomie pour les courses

Par Jacqueline NivelleMis à jour le 21 septembre 2026
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Avec ses trois roues, son coffre pour les provisions et ses 48 km d’autonomie annoncée, l’Electric Shopper explorait dès 1961 la recette aujourd’hui associée aux petites électriques urbaines.

La Citroën Ami et la Fiat Topolino ont remis les véhicules électriques minimalistes au premier plan. Pourtant, leur principe existait déjà en Californie au début des années 1960 : un engin compact, lent et silencieux, destiné aux trajets courts plutôt qu’aux grands axes.

L’Electric Shopper poussait cette logique très loin. Son constructeur visait notamment les personnes âgées, les personnes handicapées et les conducteurs privés de permis, avec un véhicule pensé pour rejoindre les commerces du quartier sans utiliser une automobile classique.

Citroën Ami
@Citroën : Ami

Une électrique de 1,5 cheval conçue pour aller faire les courses

L’Electric Shopper était produite à Long Beach par l’Electric Car Company of California. Fondée en 1951 par d’anciens employés d’Autoette, l’entreprise a d’abord fabriqué de petits véhicules proches des modèles de cette marque avant de lancer son propre FG-75 autour de 1960.

Le véhicule adoptait une architecture à trois roues et une banquette permettant à deux occupants de s’installer côte à côte. Le conducteur ne disposait pas d’un volant traditionnel, mais d’un manche de direction de type tiller. Derrière les sièges, un compartiment accueillait les sacs de provisions.

Le style cherchait pourtant à rappeler les voitures américaines de l’époque. La petite carrosserie recevait des ailerons arrière, des éléments chromés et une sellerie en vinyle. La documentation commerciale vantait une silhouette basse et fluide, ainsi qu’un fonctionnement silencieux.

Sous cette carrosserie se trouvait un moteur électrique d’environ 1,5 cheval, alimenté par une batterie au plomb de 24 V. La vitesse maximale annoncée atteignait 18 mph, soit environ 29 km/h. Des performances modestes, mais cohérentes avec une utilisation limitée aux rues de quartier.

Les 48 km annoncés suffisaient à sa mission de véhicule de proximité

La fiche commerciale avançait une autonomie de 30 miles, soit environ 48 km. Cette valeur n’était pas issue d’un cycle d’homologation comparable aux protocoles actuels. Elle doit donc être comprise comme une promesse du constructeur, et non comme une mesure directement comparable à l’autonomie WLTP d’un véhicule moderne.

Cette distance plaçait néanmoins l’Electric Shopper dans un usage très lisible : rejoindre une épicerie, transporter quelques achats et rentrer chez soi. Sa faible vitesse et son espace de chargement limitaient volontairement son terrain de jeu aux déplacements quotidiens les plus courts.

Citroën Ami vue arrière
@Citroën : Ami vue arrière

Le constructeur mettait aussi en avant un coût de recharge d’un penny par jour. Le calcul détaillé, le prix local de l’électricité et le kilométrage retenu ne sont pas disponibles, mais cet argument montre la place déjà centrale du coût d’usage dans la promotion des véhicules électriques.

L’achat demandait un effort plus important. Le tarif annoncé atteignait 750 dollars pour une version à carrosserie en acier et 870 dollars pour une carrosserie en fibre de verre. Toute conversion en euros actuels dépendrait de l’année exacte du tarif et de l’indice d’inflation retenu.

Un ancêtre de l’Ami par l’usage, pas par la technologie

Le rapprochement avec la Citroën Ami tient surtout à la mission confiée au véhicule. Les deux modèles privilégient un encombrement réduit, une vitesse limitée et des trajets locaux. Leur technique, leur sécurité et leur cadre réglementaire appartiennent toutefois à des époques trop différentes pour établir une comparaison directe.

L’écart industriel est également considérable. Citroën France indique qu’en 2020, la marque a vendu 710 000 véhicules dans plus de 90 pays. L’Electric Shopper provenait pour sa part d’une entreprise californienne spécialisée dans de petits véhicules de proximité.

La filiation la plus solide se trouve donc dans l’idée directrice : proposer juste assez de puissance, d’autonomie et d’espace pour répondre à un besoin quotidien précis. Avec ses 48 km annoncés et son coffre destiné aux courses, l’Electric Shopper avait formulé cette promesse plus de soixante ans avant le retour des microvoitures électriques dans les villes européennes.

Auteur

Jacqueline Nivelle

Rédactrice à iTransports, Jacqueline suit les lancements et l'actualité des constructeurs automobiles. Elle recoupe les sources officielles avant publication pour livrer une information claire et vérifiée.

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