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Entre 30 et 80 euros de cuivre revendu : la borne qui peut coûter jusqu’à 8 000 euros à réparer

Par Gilles MarchettiMis à jour le 5 novembre 2026
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Un câble de cuivre vendu entre 30 et 80 euros, et une borne qui peut coûter jusqu’à 8 000 euros à réparer : le pillage s’industrialise sur le réseau de recharge rapide français.

Depuis janvier, 850 stations de recharge rapide ont été ciblées par des voleurs de cuivre, selon le bilan publié mardi 3 novembre par l’association professionnelle Charge France. Cela représente des dégradations sur 10 % du réseau hexagonal, pour un préjudice total qui atteint déjà 18 millions d’euros.

Longtemps considéré comme du vandalisme opportuniste, le vol de cuivre a changé de nature. Electra, TotalEnergies, Driveco ou Powerdot font désormais face à des commandos équipés de coupe-câbles hydrauliques, qui frappent de nuit et presque chaque semaine.

30 à 80 euros de butin, jusqu’à 8 000 euros de réparation

Le déséquilibre est au cœur du problème. Un câble volé rapport entre 30 et 80 euros de matière première à la revente chez un récepteur. Pour l’entreprise victime, la réparation de la borne peut coûter entre 1 500 et 8 000 euros selon les équipements.

Le préjudice ne se limite pas au matériel. S’ajoutent le manque à gagner lié à l’indisponibilité de la station, la perte de confiance des automobilistes face au risque de station fantôme sur autoroute, et l’explosion des franchises d’assurance.

Ce calcul circulait déjà en début d’année : dès janvier, France 3 Bourgogne-Franche-Comté évaluait à 8 000 euros la réparation d’une borne pour 50 à 80 euros de câble dérobé dans l’Yonne.

« Sur notre réseau de plus de 450 stations, nous constatons presque chaque semaine un ou plusieurs actes de vol de câbles », décrit Gautier Chatelus, président de Driveco. « Ces actes ont un impact direct sur le service rendu à nos clients : une station touchée ne peut plus fonctionner pleinement. »

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Des coupe-câbles hydrauliques et des meuleuses de chantier

Les méthodes sont durcies. Les images de vidéosurveillance capturées sur les stations montrent des commandos fonctionnant en nocturne avec des coupé-câbles hydrauliques portatifs sur batterie et des meuleuses de chantier. En février, le cofondateur d’Electra, Aurélien de Meaux, en publiait un exemple en vidéo sur LinkedIn.

« On peut vite le sectionner, c’est facilement transportable. On n’a pas besoin d’une logistique énorme », explique Jean-Pierre Cloez, délégué du syndicat Alliance Police Nationale. « Là, avec un véhicule (léger) ou même parfois une trottinette et un sac à dos, on peut dérober des câbles de ce genre. »

Face à ces équipements professionnels, les premières défilés physiques ont montré leurs limites : plusieurs stations dotées de gains renforcés ont été découpées sans difficulté apparente.

Kevlar, puces GSM et prison ferme : la riposte s’organise

Les opérateurs réagissent. « Nous déployons actuellement, de manière progressive sur l’ensemble de nos stations, des gains de protection en Kevlar autour des câbles, intégrant des puces GSM », détaille Gautier Chatelus.

L’enjeu dépasse la simple facture : 71 % des utilisateurs de véhicules 100 % électriques dépendent du réseau public pour leurs déplacements, selon l’enquête Enedis-CSA publiée en octobre. Dès le 27 février, Aurélien de Meaux dénonçait un « sabotage d’infrastructure stratégique », rappelant que certains assureurs refusaient désormais de couvrir ces sinistres répétés.

Sur le terrain, le remplacement prend du temps. « On arrive à remplacer les câbles en une quinzaine de jours, ça pose un vrai problème aux usagers », indiquait Xavier Bourrat, directeur régional TotalEnergies dans les Hauts-de-France.

La justice monte en puissance. Charge France recense 15 mises en examen depuis janvier, dont sept sur la seule période de septembre et octobre. Les tribunaux de Toulouse, Troyes et Nantes ont prononcé jusqu’à deux ans de prison ferme et des interdictions du territoire pouvant aller jusqu’à dix ans, en ordonnant le remboursement intégral des préjudices.

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Conclusion

Alors que la France a franchi la barre des 40 000 points de recharge rapide fin septembre, l’association réclame un plan national structuré en trois piliers : centralisation des procédures entre parquets, contrôles accumulés chez les ferrailleurs, et interventions policières déclenchées par les alarmes connectées.

Pour Charge France, l’équation est simple. « On ne peut pas demander aux Français de passer à l’électrique et les laisser face à des bornes rendues inutilisables par des vols », résume Matthieu Dischamps, secrétaire général de l’association et directeur général de Powerdot. « La confiance repose aussi sur une promesse simple : pouvoir recharger quand on en a besoin. »

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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