Plus de 400 000 ralentisseurs non conformes continueront d’abîmer nos véhicules. Malgré leur illégalité avérée, la grande majorité des dos-d’âne en France ne seront pas retirés. Une décision motivée, non pas par des critères techniques ou juridiques, mais par des considérations financières.

Ralentisseurs non conformes : une réalité ignorée par les autorités
Chaque jour, des milliers de conducteurs subissent les effets de ces ralentisseurs mal conçus. En France, 90 % d’entre eux sont hors normes, abîment les voitures et posent des risques pour la sécurité.
En dépit d’un jugement appelant à leur suppression, l’État préfère les maintenir en place. La raison est simple : retirer tous ces dispositifs coûterait entre 5 et 7 milliards d’euros, une facture jugée trop élevée. Retrouvez notre article sur la fraude automobile : des milliers de véhicules dangereux importés illégalement en Europe.
Une décision du Conseil d’État qui fige la situation
La plus haute juridiction administrative n’a pas exigé leur retrait. Ce choix, surprenant au premier abord, vise surtout à freiner la construction de nouveaux ralentisseurs non réglementaires.

Désormais, il est interdit d’installer ces équipements dans des zones à fort trafic, en sortie de virages, ou sur des voies desservant les services d’urgence. En théorie, cela devrait empêcher l’aggravation du problème.
Des normes pourtant claires mais rarement respectées
Les ralentisseurs doivent suivre des dimensions strictes : 4 mètres de long, 10 centimètres de haut, avec une pente douce inférieure à 5 mm d’attaque. Les plateaux ralentisseurs ont, eux aussi, des critères précis à respecter.

En cas de dommage sur un véhicule, les automobilistes peuvent porter réclamation. Il faudra cependant prouver que le ralentisseur est anormal et démontrer le lien direct entre les dégâts subis et l’infrastructure en question.
Un fléau routier qui persiste par manque de budget
Ce maintien généralisé témoigne d’une incohérence dans la gestion des infrastructures routières. Plutôt que de corriger l’existant, les autorités préfèrent geler la situation en limitant simplement de nouvelles installations.
Mais cela ne répare ni les suspensions endommagées, ni les coûts subis par les conducteurs. En réalité, ce choix enterre le problème au lieu de le résoudre. Pour aller plus loin, découvrez notre article sur la hausse des péages en 2025 : pourquoi 58 % des Français soutiennent malgré tout le système actuel.

