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Après les voitures électriques, la Chine lance ses motos à la conquête de l’Europe et bouscule les marques historiques

Par Gilles MarchettiMis à jour le 7 novembre 2026
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Après avoir retourné le marché européen de l’automobile avec ses voitures électriques, la Chine applique la même recette aux deux-roues, et les marques historiques japonaises et européennes commencent sérieusement à sentir le souffle.

Sur le salon Eicma de Milan, le plus grand rendez-vous européen de la moto, le stand de CFMoto ne se désemplissait pas vendredi. La firme de Hangzhou, longtemps discrète, s’affiche désormais au même rang que BMW, Honda ou Ducati.

Le basculement se mesure aux chiffres. La Chine est devenue le deuxième fournisseur de motos de l’Union européenne, et sa percée dans les grosses cylindrées relève de l’explosion.

Deuxième fournisseur de l’UE, près d’un tiers des grosses cylindrées

Selon un rapport de l’Association des constructeurs européens de motocycles (ACEM) publié jeudi, la Chine représente 27,1 % des importations de motos de l’UE, pour un milliard d’euros en 2025. Elle se hisse au deuxième rang, derrière le Japon.

La percée est encore plus nette sur les machines de plus de 250 cm³. La Chine assure près d’un tiers de ces importations, contre 7 % en 2019. Ses modèles se vendent généralement 10 à 25 % moins cher que des concurrents japonais ou européens comparables.

Pour le magazine britannique Motorcycle News, 2026 est « l’année de la bascule ». La presse européenne, qui observe ces motos avec curiosité, les intègre désormais à ses comparatifs comme n’importe quelle marque installée.

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CFMoto, QJ Motor, ZXMoto : la montée en gamme s’accélère

CFMoto a construit sa notoriété en produisant des moteurs et en assemblant des modèles pour l’autrichienne KTM, avant de décrocher deux titres en Moto3 (250 cm³) en 2024 puis en 2026. À Milan, un puissant modèle doté d’ailerons et la machine tout-terrain de son nouvel ambassadeur, le pilote espagnol Mario Román, attireraient les salutations.

L’offensive ne se limite pas à CFMoto. Qianjiang Motorcycle, autre géant chinois, s’est partiellement Italianisé en rachetant Benelli dès 2005. De jeunes pousses s’y ajoutent, comme ZXMoto, fondée par Zhang Xue, ancien mécanicien et pilote qui mise sur le rallye Dakar pour se faire connaître.

En France, l’effet est déjà mesurable. En octobre, CFMoto s’est hissée au cinquième rang des ventes, dépassant Triumph, Suzuki, KTM ou Yamaha. Zontes, QJ Motor et Voge progressent fortement.

QJ Motor electrique
QJ Motor electrique

6 % de droits de douane, et une question : la fiabilité

Les grosses cylindrées importées de Chine ne sont taxées qu’à hauteur de 6 % à leur entrée en Europe, contre 45 % pour leur exportation vers la Chine. Via l’ACEM, l’industrie européenne des deux roues réclame un accès « équitable et réciproque aux marchés » pour défendre ses ventes et ses près de 210 000 emplois.

Bertrand Macé, président de la commission 2-Roues de Mobilians, parle d’« une vraie révolution qui vient de l’Est ». « L’agressivité tarifaire, couplée à une montée en gamme indéniable, fait mouche auprès d’une clientèle au pouvoir d’achat sous pression », analyse-t-il.

Reste la question de la confiance. Renato Polistene, un artisan italien de 64 ans qui roule en KTM, se dit prêt à acheter chinois, échaudé par la hausse des prix des autres marques. « La grande question reste la fiabilité », tempère-t-il. À Turin, une policière de 27 ans, Alessia, admiratrice d’une Triumph, s’est finalement arrêtée sur le stand de ZXMoto, impressionnée par « l’esthétique et le confort ».

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Conclusion

Stéphane Hruszowski, importateur français de Voge, est plus affirmatif : « Ça fait vingt ans qu’ils forment des ingénieurs. Ils travaillent, ils nous écoutent, ils apprennent. » Pour lui, « les jeunes d’aujourd’hui sont nés dans la génération japonaise, mais c’est en train de changer : il y aura une génération de Chine ».

Sur le stand de CFMoto, des responsables d’une grande marque italienne examinaient la nouvelle hypersportive. « Il faudra voir son prix, mais sur le long terme, cela pourrait nous faire mal », reconnaissait l’un d’eux, sous couvert d’anonymat. Après l’automobile, la bascule se prépare également sur deux roues.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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