Face aux voitures chinoises, Renault mise sur un design plus audacieux, et ses futurs modèles ne seront pas des clones
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Renault ne veut pas répondre aux voitures chinoises avec une gamme au visage uniforme : la marque prépare des modèles plus audacieux, chacun doté de sa propre personnalité.
La bataille ne se joue plus uniquement sur le prix, l’autonomie ou les équipements. Face à des constructeurs chinois capables de renouveler rapidement leurs gammes, Renault veut aussi rendre ses futures voitures immédiatement identifiables.
Alexandre Malval, directeur du design de la marque, a détaillé cette stratégie dans un entretien accordé à Auto Express. Son mot d’ordre est direct : « Renault doit oser ».

Chaque future Renault devra avoir une personnalité propre
Alexandre Malval concentre actuellement son travail sur la gamme principale de Renault, notamment sur le segment C. Il veut donner une identité forte aux voitures en préparation, en s’appuyant sur son expérience passée chez Audi et Mercedes pour mieux cerner les attentes des clients de ce marché.
Cette ambition doit éviter un piège courant dans l’industrie automobile : appliquer la même signature visuelle à une citadine, une berline et un SUV, puis ne faire varier que leurs dimensions. Le responsable du style refuse précisément de créer des clones différenciés par leur taille.
Chaque modèle devra donc disposer de ses propres proportions, de ses propres détails et d’un caractère reconnaissable. Renault conservera une cohérence de marque, mais sans transformer sa gamme en série de silhouettes interchangeables.
Le designer veut également explorer plus profondément l’ADN de Renault sans basculer vers une apparence trop agressive. Cette recherche s’inscrit dans une histoire commencée en 1898 dans un petit atelier de Billancourt, comme le rappelle Avendcar. L’enjeu consiste désormais à traduire cet héritage dans des voitures électriques modernes plutôt qu’à reproduire des formes anciennes sur toute la gamme.
Le Scénic et le Rafale annoncent une vraie rupture
Les futurs Scénic et Rafale illustrent déjà cette volonté de différenciation. Alexandre Malval annonce que la prochaine génération du Scénic E-Tech n’aura rien à voir avec le modèle actuel. La formule laisse attendre une évolution bien plus profonde qu’un restylage limité à la calandre ou aux projecteurs.
Le Rafale doit lui aussi évoluer avec une future déclinaison entièrement électrique. Son positionnement plus haut de gamme impose toutefois une réponse différente de celle du Scénic familial. Renault veut ainsi construire plusieurs personnalités au lieu d’étirer une seule recette sur l’ensemble du segment C.

Les Twingo E-Tech, R5 E-Tech et R4 E-Tech n’ont pas été détaillées dans cet entretien. Ces modèles puisent déjà leur identité dans des références historiques très visibles. Leur absence ne permet pas de confirmer leur évolution, mais elle souligne la différence entre cette famille néo-rétro et les futurs modèles que Malval dessine pour le cœur de la gamme.
Un premier aperçu concret est attendu au Mondial de Paris en octobre 2026. Renault doit y exposer un nouveau concept-car. Il ne s’agira pas nécessairement de l’annonce directe d’un véhicule de série, mais ses lignes devraient révéler certains codes destinés aux prochaines productions de la marque.
Face à la Chine, Renault choisit aussi la différenciation
Les constructeurs chinois exercent une pression croissante grâce à des prix compétitifs, des équipements nombreux et des cycles de développement rapides. Renault travaille sur l’efficience de ses prochaines plateformes, mais son projet ne repose pas uniquement sur la fiche technique. Le style doit créer une préférence que les comparaisons de prix ne suffisent pas à effacer.
La relation de Renault avec l’industrie chinoise reste plus complexe qu’une simple opposition. Le 16 septembre 2026, BFMTV a rapporté que le groupe prévoyait d’investir 319 millions d’euros supplémentaires au Brésil avec son partenaire Geely. Renault peut donc coopérer avec un constructeur chinois sur le plan industriel tout en cherchant à défendre une identité propre pour ses modèles européens.

La stratégie dessinée par Alexandre Malval repose sur cette singularité. Le Scénic, le Rafale et les autres véhicules du segment C devront partager l’identité Renault sans donner l’impression d’être le même modèle décliné dans plusieurs formats.
Le concept du Mondial de Paris constituera le premier test visuel de cette promesse. S’il présente une personnalité forte sans tomber dans l’agressivité gratuite, Renault commencera à montrer comment le design peut devenir une arme face à des concurrentes chinoises souvent très proches sur le terrain de la technologie et des équipements.
