Une supercar italienne de 1 000 chevaux financée par crowdfunding ? C’est le pari fou de Mazzanti, constructeur artisanal au bord du gouffre. Alors que les constructeurs de luxe dépendent souvent d’investisseurs puissants, Mazzanti Automobili, petite marque italienne née en Toscane, tente une relance inédite : une supercar financée par dons. Après deux décennies d’existence discrète, son créateur Luca Mazzanti mise désormais sur le soutien des passionnés pour poursuivre l’aventure. Une approche radicale pour une entreprise qui n’a jamais cessé de rêver grand.
Une naissance artisanale dans la Toscane
Luca Mazzanti fonde sa marque en 2002 avec Walter Faralli, dans la ville de Pontedera, berceau de la Vespa. Leur projet : fabriquer à la main une poignée de voitures ultra-exclusives chaque année. Le premier modèle, l’Antas, dévoilé en 2006 à Monaco, étonne… sans convaincre. Entre inspiration rétro et mécanique récupérée, l’accueil reste mitigé. Le duo se sépare, chacun reprochant à l’autre sa vision opposée de l’automobile.
L’Eventra, la supercar qui change la donne
En solo, Luca Mazzanti présente en 2013 l’Eventra, une GT musclée au style plus affirmé. Elle embarque un V8 Chevrolet de 7 litres et 701 ch, capable d’abattre le 0 à 100 km/h en 3,5 secondes. Vitesse de pointe : 350 km/h. Affichée à 680 000 €, elle reste confidentielle. Seulement deux exemplaires trouvent preneur la première année. Mais elle marque un vrai tournant dans l’identité de la marque. Découvrez notre article sur 360 chevaux, 7L/100 km, zéro malus : ce coupé à 120 000 € neuf se trouve à moitié prix d’occasion l’’affaire à ne pas rater.
Millecavalli : la tentative des 1 000 chevaux
En 2016, Mazzanti revient à Turin avec la Millecavalli, une version survitaminée de l’Eventra. Le moteur V8 biturbo délivre 1 000 chevaux pour plus de 1 200 Nm de couple. Elle franchit les 400 km/h et vise la catégorie des hypercars. Malheureusement, le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Seuls trois exemplaires sont produits, loin des 25 initialement prévus.
Une renaissance espérée via le crowdfunding
Face à la faillite en 2022, Luca Mazzanti ne baisse pas les bras. En 2025, il lance un appel aux passionnés : une campagne de financement participatif pour relancer sa production. Objectif : payer ses salariés, maintenir son atelier et peut-être livrer une nouvelle supercar. Une approche aussi désespérée qu’innovante, à l’heure où la rareté pourrait devenir la nouvelle norme de l’exclusivité automobile.
L’avenir de l’ultra-exclusif passera-t-il par la communauté ?
Dans un monde où les investisseurs préfèrent miser sur les SUV électriques grand public, les micro-marques sportives n’ont plus de place dans le système traditionnel. Avec sa démarche de financement direct, Mazzanti pose une question : la passion des amateurs peut-elle suffire à faire survivre des projets de niche ? Une réponse peut-être disruptive, mais terriblement actuelle. Pour aller plus loin, découvrez également notre article sur Renault brade le Symbioz hybride 145 ch.
Conclusion
Avec seulement 50 voitures produites en vingt ans, Mazzanti reste un symbole rare de l’artisanat automobile pur. Son recours au crowdfunding n’est pas qu’une opération de sauvetage, c’est une vision différente de la haute performance : moins d’industriel, plus de passion. Et vous, seriez-vous prêt à financer une supercar comme on soutient un projet culturel ? Dites-le-nous en commentaire.
