Grâce à cette astuce BYD promet moins de 6 euros pour recharger en 9 minutes : BYD prépare un choc avec son système Flash Chargers

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BYD annonce des chiffres qui n’ont pas d’équivalent en Europe. Ses bornes Flash Chargers délivrent jusqu’à 1 500 kW de puissance — trois fois la puissance maximale d’un Supercharger V4 Tesla, plafonné à 500 kW.

Concrètement, un véhicule compatible passe de 10 à 97 % de charge en 9 minutes. Le BYD Atto 3 nouvelle génération atteint 10 à 70 % en seulement 5 minutes, contre 25 minutes pour la génération actuelle à 220 kW. La Denza Z9GT affiche les mêmes 5 minutes pour 10 à 70 %.

Ces performances ne sont pas universelles. Seuls les véhicules BYD et Denza équipés de la batterie Blade 2.0 atteignent la puissance maximale de 1 500 kW. Cette batterie LFP propriétaire existe en 57 et 68 kWh sur le nouveau BYD Atto 3.

C’est précisément là que réside la force stratégique de BYD. Le constructeur maîtrise toute la chaîne : de la chimie LFP Blade à la borne de recharge. Tesla contrôle son réseau Supercharger, mais ne fabrique pas ses batteries en interne au même niveau d’intégration. Ionity, réseau ouvert financé par des constructeurs européens et américains, n’a aucune prise sur la chimie des batteries qu’il recharge.

La vraie question est tarifaire.

Moins de 50 pence par minute : le modèle économique qui casse les prix

La tarification envisagée par BYD est simple. Bono Ge, directeur de BYD au Royaume-Uni, l’a formulé sans ambiguïté dans une interview accordée à Autocar : « dans le meilleur des cas, [BYD] voudrait être en-dessous de 50 pence par minute ». Soit environ 58 centimes d’euro par minute de charge.

Pour une recharge de 9 minutes, cela représente moins de 5,25 euros.

Comment BYD peut-il tenir ce niveau tarifaire ? Les Flash Chargers intègrent des batteries tampon rechargées la nuit, aux heures creuses, quand le prix du réseau électrique est au plus bas. La borne ne tire pas 1 500 kW directement du réseau au moment de la charge — elle restitue une énergie stockée à moindre coût.

Ce mécanisme change l’équation économique. Ionity facture ses recharges rapides en Europe à un tarif de référence de 79 centimes par kWh. Si BYD bascule vers une tarification au kWh plutôt qu’à la minute, le seuil de compétitivité réelle se situerait autour de 30 centimes par kWh — soit moins de la moitié du tarif Ionity.

Un écosystème fermé comme Tesla : qui peut vraiment en profiter ?

La réponse est directe : pas vous, si vous ne conduisez pas un BYD ou une Denza. Les Flash Chargers sont conçus pour les véhicules des deux marques du groupe. Les autres véhicules électriques n’accèdent pas à la puissance maximale de 1 500 kW.

BYD déploie sa stratégie européenne sur deux segments : la marque BYD pour le grand public, et Denza pour le premium. Cette filiale arrive en Europe avec le D9 (van hybride) et la Z9GT (berline électrique à 115 000 euros).

Pour accélérer l’adoption, BYD offre 18 mois de recharge rapide gratuite aux premiers propriétaires de Denza au Royaume-Uni. C’est exactement la mécanique qu’a utilisée Tesla pour fidéliser ses premiers clients Model S et Model X. L’infrastructure devient un argument d’achat, pas seulement un service.

Le parallèle avec Tesla est structurel. BYD a vendu 1,64 million de véhicules électriques purs sur les douze derniers mois, contre 2,26 millions pour Tesla. Le constructeur chinois est déjà le deuxième acteur mondial sur ce segment. Chaque Flash Charger installé en Europe renforce l’attractivité de son parc automobile — et rend un peu plus difficile le passage à une autre marque.

C’est précisément ce que Tesla a compris avant tout le monde. Le Supercharger n’est pas un service de recharge. C’est une barrière à la sortie. BYD reproduit ce modèle plutôt que de l’affronter frontalement sur le terrain de l’ouverture.

Pour un acheteur de véhicule électrique aujourd’hui, la question est concrète : 5 euros pour une recharge complète en 9 minutes vaut-il de choisir un BYD plutôt qu’un concurrent européen ?

Max