La R5 et la R4 vont baisser de prix grâce à une batterie venue de la Twingo
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Tout part d’une décision d’architecture prise bien avant l’annonce. La R5, la R4 et la Twingo partagent la même plateforme AmpR Small (ex CMF-B EV). Cette base commune n’est pas un détail : elle rend techniquement possible la mutualisation des batteries entre les trois modèles, sans redévelopper l’intégration électrique de zéro.
C’est précisément ce que Renault prépare. En substituant la chimie NMC (nickel manganèse cobalt) par du LFP (lithium fer phosphate) sur les versions Autonomie Urbaine de 40 kWh, le constructeur actionne un levier de coût direct. Les batteries LFP coûtent environ 20 à 30 % moins cher par kWh que les batteries NMC, soit 80 à 100 $/kWh contre 100 à 150 $/kWh selon les estimations sectorielles 2025-2026.

Traduit en euros sur le prix catalogue, l’impact est significatif. Selon Alix Partners, les matières premières d’une batterie LFP représentent environ 2 500 €, contre 3 500 à 6 000 € pour une batterie classique, une économie potentielle de 1 000 à 3 500 € par véhicule. La R5 E-Tech Autonomie Urbaine est aujourd’hui affichée à 24 990 € catalogue. La R4 E-Tech dans la même finition démarre à 29 990 €. Ce sont ces deux prix de référence qui devraient bouger.
Renault vise aussi à réduire le nombre de variantes de cellules gérées en production. Moins de références à approvisionner, c’est moins de coûts logistiques, un gain qui s’ajoute à l’économie sur la chimie elle-même.
La Mégane E-Tech a ouvert la voie : le précédent qui valide la stratégie
« Les avantages du LFP sont évidents. L’un d’eux concerne le coût, et cela fait partie de notre stratégie visant à rendre la mobilité électrique plus accessible à un plus grand nombre de personnes », déclare Adam Wood, directeur général de Renault UK.
Ce discours sur l’accessibilité s’appuie sur un précédent concret. La Mégane E-Tech restylée s’apprête à franchir ce pas : son entrée de gamme adoptera la chimie LFP, avec un prix annoncé juste sous les 40 000 €. Présentée au Salon de Paris en octobre 2026, elle confirme que la stratégie LFP est bien inscrite dans la feuille de route Renault, même si les premières livraisons ne sont attendues qu’à partir de mi-octobre 2026.

La Twingo E-Tech va plus loin dans la démonstration. Présentée le 6 novembre 2025 et commercialisée au printemps 2026 avec une batterie LFP de 27,5 kWh fournie par CATL, elle constitue le premier modèle Renault à adopter cette chimie en série. Le passage au LFP sur la Twingo a permis de réduire les coûts d’environ 20 % par rapport aux batteries NMC classiques. C’est ce retour d’expérience industriel qui légitime l’extension aux R5 et R4.
Seules les versions Autonomie Urbaine (40 kWh) sont concernées. Les versions Autonomie Confort, 52 kWh pour la R5, 54 kWh pour la R4, conserveront leur batterie NMC. La baisse de prix ne touchera que les entrées de gamme.
Quand et combien : la baisse de prix attendue et la pression concurrentielle
La mise en œuvre est prévue pour 2027. D’ici là, les R5 et R4 actuelles continuent d’être produites avec leurs batteries NMC. Si vous envisagez un achat dans les prochains mois, vous achetez donc la version actuelle, sans bénéficier de cette évolution tarifaire.
L’économie potentielle chiffrée par Alix Partners, entre 1 000 et 3 500 € par véhicule, donne une fourchette réaliste pour anticiper les nouveaux prix catalogue. Renault n’a pas encore communiqué de tarifs précis. Mais si l’on applique cette fourchette basse à la R5 Autonomie Urbaine, son prix pourrait descendre sous les 24 000 € catalogue, voire approcher les 22 000 € dans le meilleur scénario.

La pression concurrentielle rend cette évolution urgente. La Volkswagen ID. Polo, concurrente directe de la R5, vient d’ouvrir les commandes de sa version Trend à 24 995 € avec une batterie LFP de 37 kWh, les livraisons sont attendues à partir du 15 juillet 2026. Renault doit donc consolider son avantage tarifaire face à une offre allemande qui monte en puissance sur ce segment.
La R5 E-Tech reste un succès commercial indéniable : 37 797 immatriculations en France en 2025 (premier rang national), et 7 390 immatriculations en Europe en mai 2026 (+64,7 % sur un an), ce qui la place au 4ᵉ rang des véhicules électriques les plus vendus sur le continent. Renault n’a donc pas besoin de sauver un modèle en difficulté, il s’agit de défendre une position de leader en anticipant la guerre des prix sur le segment des citadines électriques abordables.
La stratégie de Renault est lisible : mutualiser les composants entre modèles pour comprimer les coûts, et répercuter les économies sur le prix catalogue. Avec la R5 et la R4, le LFP ne réduit pas seulement les prix, il standardise une approche que Volkswagen, Citroën et Fiat adoptent déjà sur leurs propres citadines électriques.
Si vous envisagez une R5 ou une R4 électrique : vaut-il mieux acheter maintenant à 24 990 € ou 29 990 €, ou attendre 2027 pour bénéficier de la version LFP potentiellement sous les 24 000 € ?
