Moins de 10 000€, 4 places, 90 km/h : la pari fou de Fiat avec le Multiplina
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Fiat lance le Quattrolino, un quadricycle électrique 4 places prévu pour 2028, avec un tarif cible inférieur à 10 000 € aides déduites, une vitesse maximale de 90 km/h et une masse hors batterie limitée à 450 kg.
Le Quattrolino n’est pas une voiture classique : c’est un quadricycle lourd électrique, une catégorie réglementaire qui impose des limites strictes mais ouvre des portes tarifaires. Pour l’automobiliste urbain en quête d’accessibilité, la question devient centrale : faut-il accepter 90 km/h et 450 kg pour payer moins de 10 000 € ? Ce « pari fou » n’est pas une improvisation, Fiat l’a déjà tenté en 1956 avec la Multipla, et la marque rejoue aujourd’hui sa propre histoire avec une batterie électrique.

Pourquoi Fiat parie sur le Quattrolino : une stratégie d’accessibilité, pas une improvisation
Olivier François, CEO mondial de Fiat, ne cache pas l’ambition du projet. « Pour moi, ce lancement est aussi important qu’une nouvelle Fiat 500 ou qu’une nouvelle Panda », déclare-t-il. Ce n’est pas une formule de communication : c’est un positionnement stratégique assumé.
Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à 1956. La Fiat 600 Multipla, présentée au Salon de Bruxelles, est le premier MPV de grande série au monde. Elle loge six personnes dans un gabarit seulement 25 cm plus long que la 600 berline, grâce à un design cab-over radical qui déplace le poste de conduite au-dessus de l’essieu avant. Un tour de force d’ingénierie au service de l’accessibilité populaire. Son prix de lancement : 835 000 lires, soit 41 % de plus que la 600 berline à 590 000 lires. Un surcoût assumé, justifié par un habitacle sans équivalent.
Le Quattrolino de 2028 rejoue exactement cette partition. Même philosophie de maximisation de l’habitabilité dans un gabarit minimal. Même cible : l’automobiliste qui ne peut pas se payer une voiture électrique classique à 25 000 € mais qui a besoin de quatre places en ville.
Fiat n’est pas une marque qui fait des SUV premium. Son ADN, depuis la Topolino des années 1930 jusqu’à la Panda, c’est de rendre la mobilité accessible au plus grand nombre. Le Quattrolino s’inscrit dans cette continuité — il ne la trahit pas.
Les contraintes réelles du quadricycle L7e : 450 kg, 15 kW, 90 km/h
Voilà où le pari devient réellement fou. La catégorie L7e, celle des quadricycles lourds, impose un cadre réglementaire très strict. Masse maximale hors batterie : 450 kg. Puissance nette maximale : 15 kW. Vitesse maximale : 90 km/h. Ce n’est pas Fiat qui fixe ces règles. C’est Bruxelles.
Guillaume Clerc, chef de produit Fiat, est direct sur le sujet : « La plus grosse contrainte est de respecter cette limite de masse. » Pas la puissance, pas la vitesse, la masse. Parce que tenir 450 kg hors batterie sur un véhicule 4 places, c’est un défi d’ingénierie structurelle. Chaque kilo compte. Chaque composant est questionné.

Pour mettre ça en perspective : la nouvelle Renault Twingo E-Tech (commercialisée en 2026) pèse 1 200 kg, développe 60 kW et monte à 130 km/h. Le Quattrolino, c’est moins de la moitié en masse, un quart de la puissance, et une vitesse plafonnée à 90 km/h. Ce ne sont pas des bugs du système, ce sont les conditions d’accès à un tarif inférieur à 10 000€.
La limite à 90 km/h sera-t-elle rédhibitoire ? En usage urbain et périurbain, non. Sur autoroute, oui et les quadricycles L7e y sont de toute façon interdits. Fiat ne prétend pas que le Quattrolino remplace une voiture polyvalente. Il cible un usage précis : la ville, les trajets quotidiens, les familles qui ont besoin d’un second véhicule électrique abordable.
Un segment eCar nouveau : 10 000 € pour 4 places, 15 000 € pour plus d’équipements
Fiat structure le Quattrolino sur deux niveaux tarifaires. La version de base vise un prix inférieur à 10 000 € aides déduites. Une version plus équipée se positionne autour de 15 000 €, ce que Fiat appelle le segment eCar supérieur.
Ces deux paliers ne sont pas anodins. Ils créent un espace commercial qui n’existe pas aujourd’hui dans l’électrique. Entre le Topolino 2 places (à partir de 8 890 € catalogue) et une citadine électrique classique à 25 000 €, il n’y a rien pour quatre personnes. Le Quattrolino vient combler ce vide.
La gamme quadricycles électriques de Fiat prend ainsi une forme cohérente : le Topolino pour deux places, le Quattrolino pour les familles. Deux produits confirmés, une même logique d’accessibilité tarifaire par la réglementation L7e.

Le Quattrolino a été officiellement présenté en images en mai 2026, dans le cadre du plan stratégique FaSTLAne 2030 de Stellantis. Le lancement commercial reste prévu pour 2028, avec une production envisagée à Kénitra (Maroc).
Le Quattrolino n’est pas un compromis honteux. C’est un pari stratégique sur l’idée que l’accessibilité tarifaire vaut mieux que la performance maximale pour la mobilité urbaine quotidienne. Fiat rejoue une partie qu’elle a déjà gagnée en 1956 € mais cette fois, avec une batterie électrique et un marché urbain saturé de voitures trop chères. La vraie question n’est pas technique. Elle est comportementale.
Êtes-vous prêt à accepter 90 km/h et 450 kg pour payer moins de 10 000€ et rouler à 4 en ville ?
