L’Industrial Accelerator Act (IAA) européen prévoit d’exiger que 70 % des composants des voitures électriques vendues en Europe soient fabriqués sur le continent, avec une entrée en vigueur possible en 2027. Annoncée fin 2025 en même temps que l’assouplissement du « tout électrique en 2035 », la petite voiture électrique abordable européenne se dotait encore de son cadre légal. L’idée générale est simple : puisque les États membres financent la transition énergétique, autant que cela profite en priorité à l’industrie du continent. Bruxelles met ainsi en place un outil de protection et de relance de son industrie automobile face aux géants chinois et américains.

70 % de composants Made in Europe : le cœur du dispositif
L’IAA concerne de nombreuses industries, de l’acier aux éoliennes, mais c’est son volet automobile qui retient l’attention. Pour les voitures électriques, les hybrides rechargeables et les véhicules à hydrogène, Bruxelles envisage d’exiger qu’environ 70 % des composants soient fabriqués en Europe pour bénéficier de certaines subventions ou marchés publics. Un flou demeure toutefois autour des batteries : la Commission souhaite qu’une partie de leurs éléments soit également européenne, mais les proportions précises restent à définir, l’industrie locale étant encore en pleine construction. Découvrez notre article sur la voiture électrique : face à la Chine, l’Europe choisit l’alliance américaine pour sauver sa souveraineté.
Les « Trusted Partners » : qui est dans la liste, qui en est exclu
Bruxelles introduit la notion de « Trusted Partners » ou partenaires de confiance, dont les produits pourraient être considérés comme équivalents au Made in Europe. Le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis figurent sur le brouillon de cette liste grâce aux accords commerciaux existants. La Chine, en revanche, n’y apparaît pas. Quant aux États-Unis, les politiques commerciales de Trump pourraient les voir rayés de la liste, ce qui explique pourquoi de nombreux constructeurs européens restent très partagés sur ce dispositif.
Des constructeurs européens divisés entre protection et crainte de rétorsion

La fracture est nette entre les grands constructeurs. Renault soutient ces règles favorisant la production locale, cohérentes avec sa stratégie industrielle centrée sur l’Europe. En revanche, Mercedes et BMW, qui dépendent fortement à la fois des marchés américain et chinois, s’y déclarent opposés, craignant des mesures de rétorsion commerciales. Cet argument divise profondément l’industrie automobile européenne, tiraillée entre la nécessité de se protéger de la concurrence asiatique et le risque d’une guerre commerciale généralisée.
Un chemin encore long avant une entrée en vigueur en 2027
La proposition européenne doit encore être discutée et amendée par les États membres avant d’entrer éventuellement en vigueur en 2027. Le calendrier reste incertain, d’autant que les tensions géopolitiques avec les États-Unis et la Chine compliquent les négociations. Ce cadre légal conditionne pourtant directement l’émergence d’une vraie voiture électrique abordable européenne, capable de concurrencer les modèles chinois à bas coût qui menacent le marché du continent. Retrouvez aussi notre article sur la voiture électrique : l’Espagne sur les traces du bonus carbone français.
Conclusion
L’Industrial Accelerator Act dessine les contours d’une politique industrielle automobile européenne ambitieuse, mais son succès dépendra des compromis trouvés entre États membres et de la résolution des tensions commerciales internationales. Une petite voiture électrique européenne abordable à 70 % Made in Europe vous semble-t-elle réaliste d’ici 2027, ou pensez-vous que les constructeurs ne pourront pas se passer des composants asiatiques pour tenir des prix accessibles ? Donnez votre avis en commentaire.

