Voiture électrique vs thermique : le retournement des prix qui surprend le marché

Renault R5 E-Tech
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En 2025, une voiture électrique neuve coûte en moyenne 39 000 € en France, soit 4 % moins cher qu’en 2024, tandis que l’essence et le diesel renchérissent (Institut Mobilités en Transition, 2025).

Pour l’acheteur automobile, cette inversion remet en question la décision d’achat : faut-il passer à l’électrique, ou attendre que la parité soit complète ? Voici pourquoi les prix convergent mais les comportements d’achat divergent, en croisant les données réelles du marché français avec les intentions mondiales des consommateurs.

Pourquoi les prix des voitures électriques baissent tandis que le thermique renchérit

Le mouvement est structurel, pas conjoncturel. Le coût des batteries a chuté de près de 50 % en six ans, passant de 180 €/kWh en 2019 à environ 100 €/kWh en 2025 (Institut Mobilités en Transition). C’est le principal levier de la baisse des prix catalogue des véhicules électriques.

La batterie représente historiquement entre 30 et 40 % du coût de fabrication d’un véhicule électrique. Quand ce poste recule de moitié, le prix de vente suit mécaniquement. Les constructeurs répercutent cette baisse pour gagner des parts de marché.

Du côté du thermique, la dynamique est inverse. Le prix de l’essence a bondi de 29 % entre 2019 et 2025, celui du diesel de 18 % (IMT). Ces hausses se répercutent sur les coûts de production, la logistique, et in fine sur les prix catalogue.

Le résultat est une convergence que peu d’analystes anticipaient aussi vite. En 2024, le prix moyen d’une électrique neuve en France atteignait encore 40 700 €. En 2025, il tombe à 39 000 € (IMT). Le thermique, lui, continue sa progression tarifaire silencieuse.

Ce retournement reflète une transformation industrielle portée par les économies d’échelle sur les cellules lithium-ion et la montée en puissance des filières asiatiques et européennes.

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L’écart de prix se réduit, mais reste significatif pour l’acheteur moyen

La convergence globale masque des réalités très différentes selon les segments. Sur le segment B  celui des citadines et petites compactes, le plus important en volume en France  l’écart reste de 5 200 € en 2025 : 32 700 € pour l’électrique contre 27 500 € pour le thermique (IMT). Cet écart a certes été divisé par deux en un an, mais il représente encore une somme concrète pour un ménage moyen.

C’est précisément sur ce segment que les nouvelles entrées de gamme changent la donne. L’arrivée de modèles compacts abordables comme la Renault 5 E-Tech et la Citroën ë-C3 tire les prix moyens vers le bas et démocratise l’accès à l’électrique. Ces deux modèles ont capté à eux seuls 3,3 % du marché des véhicules particuliers neufs en 2025 (IMT), une performance significative pour des lancements récents.

Renault 5 E-Tech vue de face
@Renault : Renault 5 E-Tech vue de face

La Renault 5 E-Tech débute sous les 25 000 € avec le bonus écologique. La Citroën ë-C3 s’affiche à partir de 23 300 € en prix catalogue. Ces tarifs rapprochent l’électrique du thermique équivalent d’une façon inédite sur ce segment.

Renault R5 E-Tech vue du volant
@Renault : Renault R5 E-Tech vue du volant

Prix catalogue et prix réel divergent : le bonus écologique (4 000 €, jusqu’à 7 000 € sous conditions de ressources) modifie l’équation finale. Sans lui, l’écart de 5 200 € sur le segment B reste une barrière concrète pour la majorité des acheteurs.

La parité n’est pas atteinte, mais elle n’a jamais été aussi proche.

Le paradoxe : les prix convergent, mais les acheteurs restent méfiants

Ernst & Young est direct : la transition avance « plus lentement que prévu », les consommateurs refusant de sacrifier mobilité et pouvoir d’achat. Les chiffres de vente seuls n’expliquent pas cette résistance.

L’étude EY 2025 est brutale. Les intentions d’achat pour les véhicules 100 % électriques chutent à 14 %, soit une baisse de 10 points par rapport à l’année précédente (EY, 2025). Dans le même temps, 50 % des acheteurs interrogés dans le monde déclarent vouloir acquérir un véhicule thermique dans les deux prochaines années, en hausse de 13 points par rapport à 2024 (EY, 2025).

Ces chiffres sont mondiaux, pas spécifiquement français  mais ils révèlent un état d’esprit qui dépasse les frontières.

Les raisons invoquées ne sont pas uniquement tarifaires. Selon la même étude EY, 36 % des acheteurs potentiels d’électriques déclarent repousser ou réviser leur projet en raison des incertitudes géopolitiques et économiques. L’instabilité des politiques d’aide, les débats sur l’échéance 2035 en Europe, la volatilité des prix de l’énergie : tout cela crée un brouillard décisionnel que la seule baisse des prix ne dissipe pas.

Pourtant, les comportements réels contredisent partiellement ces intentions déclarées. En Europe, les voitures électriques ont représenté entre 13 et 16 % du marché selon les mois de 2025, tandis que la part cumulée essence-diesel a continué de reculer sous les 40 % (ACEA, 2025). Les gens disent une chose et font parfois autre chose.

Ce décalage entre sondages et ventes réelles suggère que la méfiance déclarée est réelle, mais ne bloque pas le passage à l’acte quand l’offre est au rendez-vous.

Le retournement des prix est réel et structurel, mais il ne suffit pas à inverser les comportements d’achat : les consommateurs attendent plus que la parité tarifaire pour basculer. Cette tension entre convergence tarifaire et divergence comportementale redessine le marché automobile français et européen, où l’électrique progresse malgré le scepticisme des sondages.

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Conclusion

L’objectif européen d’interdiction des moteurs thermiques neufs en 2035 est lui-même sous pression, avec des appels croissants à l’assouplissement de la part de plusieurs États membres  ce qui entretient le doute et retarde les décisions d’achat.

Si l’écart de prix avec le thermique disparaissait demain, qu’est-ce qui vous retiendrait encore : la valeur de revente, l’autonomie réelle, le maillage des bornes rapides  ou autre chose ?