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Voitures puissantes interdites aux jeunes permis : ce que prévoit vraiment la loi Ripost

Par GillesMis à jour le 5 août 2026
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La loi Ripost veut empêcher les jeunes permis de conduire des voitures jugées trop puissantes, mais le point le plus important manque encore : le seuil exact qui dira quels modèles seront concernés.

Le sujet fait déjà beaucoup réagir, parce qu’il touche à une question très concrète : une voiture peut-elle devenir interdite à un conducteur simplement parce qu’il est encore en permis probatoire ? Avec la loi Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet 2026, la réponse pourrait bientôt être oui.

Mais il faut éviter le raccourci. À ce stade, le texte pose un principe et prévoit des sanctions sévères. Il ne donne pas encore la liste des voitures interdites, ni même le seuil de puissance à ne pas dépasser. Ce détail doit être fixé par décret, et la loi reste suspendue à l’examen du Conseil constitutionnel.

Ce que la loi Ripost veut interdire aux jeunes permis

La mesure vise les conducteurs en permis probatoire. Cela concerne les automobilistes qui viennent d’obtenir leur permis, mais aussi ceux qui récupèrent un permis après une annulation. Pendant cette période, ils ne pourraient plus conduire une voiture considérée comme trop puissante.

Ce que la loi Ripost veut interdire aux jeunes permis
Ce que la loi Ripost veut interdire aux jeunes permis

La durée de retenue correspond à celle du permis probatoire : trois ans dans le cas général, ou deux ans pour les conducteurs passés par la conduite accompagnée. L’interdiction ne viserait pas seulement la voiture personnelle. Elle concernerait aussi un véhicule loué ou prêté.

C’est là que la mesure devient plus grande qu’une simple règle d’assurance. Un jeune conducteur qui emprunte une voiture familiale très performante pour un week-end pourrait être concerné, même s’il n’en est pas propriétaire. Même logique pour une localisation courte durée, si le modèle dépasse le futur seuil.

Exemple concret : un conducteur de 18 ans encore en période probatoire souhaite prendre le volant d’une compacte sportive type Golf R appartenant à un proche. Tant que le décret n’a pas fixé la limite exacte, impossible de dire effectivement si ce modèle tombera dans l’interdiction. Mais c’est précisément ce type de situation que le texte cherche à encadrer.

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Des sanctions lourdes, mais un seuil encore inconnu

Le volet répressif est déjà beaucoup plus précis que le volet technique. Les sanctions évoquées peuvent aller jusqu’à un an d’emprisonnement, 15 000 € d’amende et la confiscation du véhicule. Si les faits sont commis dans des conditions compromettant la sécurité des autres usagers ou troublant la tranquillité publique, les peines prévues pourraient être doublées.

Des sanctions lourdes, mais un seuil encore inconnu
Des sanctions lourdes, mais un seuil encore inconnu

Les professionnels de la location sont également visés. Un loueur qui mettrait à disposition une voiture interdite à un conducteur en permis probatoire pourrait risquer 1 500 € d’amende, puis 3 000 € en cas de récidive.

Le vrai flou tient au mot «puissante». Le texte doit encore être complété par un décret pour fixer la limite applicable. Puissance fiscale, chevaux réels, rapport poids/puissance, motorisation électrique très coupleuse : sans ce cadrage, personne ne peut établir une liste fiable des modèles concernés.

Ce point est décisif pour les automobilistes. Une citadine sportive, une berline premium d’occasion ou un SUV électrique performant ne posent pas les mêmes questions selon le critère retenu. Tant que le décret n’est pas publié, toute liste de voitures interdites reste à vérifier.

Une mesure inspirée de la moto, pas encore sécurisée juridiquement

Le principe rappelle le permis moto A2. Depuis plusieurs années, les jeunes motards sont limités à 47,5 ch pendant deux ans, avant une formation de sept heures permettant d’accéder au permis A et à des machines plus puissantes. La loi Ripost transpose cette logique au monde automobile, mais dans un cadre encore incomplet.

Une mesure inspirée de la moto, pas encore sécurisée juridiquement
Une mesure inspirée de la moto, pas encore sécurisée juridiquement

La mesure s’inscrit également dans un texte plus large contre les rodéos urbains, les rassemblements motorisés non autorisés et plusieurs infractions liées à la sécurité publique. Le texte prévoit également l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers à compter du 1er février 2027.

Pour les jeunes conducteurs, l’effet pratique pourrait toutefois être moins massif qu’il n’y paraît. De nombreux assureurs refusent déjà de couvrir un débutant sur une voiture très puissante, ou la police des tarifs difficiles à assumer. Dans les faits, la barrière économique existe déjà pour une partie des modèles sportifs.

La loi changerait surtout la nature du risque. Aujourd’hui, un jeune permis peut se heurter à un refus d’assurance ou à une prime très élevée. Demain, si le texte est validé et complété par décret, conduire certains véhicules pourrait devenir une infraction à part entière.

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Conclusion

Dernier point majeur : le parcours législatif n’est pas terminé. Environ 120 députés ont saisi le Conseil constitutionnel contre l’ensemble du texte. La mesure pourrait donc être validée, modifiée ou retardée. Pour savoir quelles voitures seront réellement interdites aux jeunes permis, il faudra attendre à la fois la décision constitutionnelle et le décret d’application.

 

Auteur

Gilles

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