Xiaomi prépare ses SUV SkyNomad sans annoncer l’Europe, et c’est peut-être le détail le plus frustrant pour les conducteurs
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Xiaomi avance ses gros SUV hybrides SkyNomad en Chine avec des chiffres très séduisants, mais les conducteurs européens restent pour l’instant devant la vitrine.
Le constructeur chinois ne se contente plus de pousser ses voitures 100 % électriques. Avec les SkyNomad N70 Max et N90 Max, Xiaomi prépare une nouvelle famille de SUV hybrides à prolongateur d’autonomie, pensée pour les longs trajets, les familles et les usages où la recharge électrique ne suffit pas toujours à rassurer.
Sur le papier, la recette a de quoi attirer l’attention : de très grandes autonomies, des batteries généreuses, des habitacles bardés d’écrans et des prix chinois qui restent agressifs face aux grands SUV électriques ou hybrides du marché. Mais un point refroidit vite l’enthousiasme côté européen : Xiaomi n’a pas annoncé de lancement des SkyNomad sur le Vieux Continent.

Des SUV hybrides qui roulent en électrique, mais gardent un moteur essence en secours
Les SkyNomad N70 Max et N90 Max ne sont pas des hybrides classiques. Xiaomi utilise une architecture à prolongateur d’autonomie, désignée sous le nom de code Kunlun. Le principe est simple : les roues sont entraînées par les moteurs électriques, tandis que le moteur essence sert à recharger la batterie.
Dans le cas présenté, il s’agit d’un bloc 1,5 litre turbo de 112 kW, associé à un réservoir de 45 litres. Ce moteur thermique ne transmet donc pas directement sa puissance aux roues. Il joue le rôle de générateur, ce qui permet de conserver une conduite électrique tout en réduisant l’angoisse de la panne sèche lors des longs déplacements.

Le SkyNomad N70 Max mesure 4,96 m et propose cinq places. Sa version à transmission intégrale combine deux moteurs électriques de 210 kW et 100 kW, pour une puissance totale annoncée à 416 chevaux. Une version propulsion, plus simple, conserve un seul moteur de 210 kW, soit 282 chevaux.
Le N90 Max va encore plus loin dans le format familial. Avec 5,29 m de long, sept places et trois rangées, il vise clairement les grands trajets et les familles nombreuses. Xiaomi ajoute même des équipements très orientés confort, comme un réfrigérateur de 9 litres, un coffre annoncé à 577 litres et des sièges montés sur six rails.
L’autonomie impressionne, mais le cycle chinois demande de garder la tête froide
Le chiffre le plus spectaculaire concerne l’autonomie. Le SkyNomad N90 Max revendique jusqu’à 1 705 km d’autonomie totale avec le plein d’essence. Le N70 Max, avec sa batterie de 76 kWh, annonce de son côté jusqu’à 505 km en conduite électrique selon le cycle chinois CLTC.
Ce point mérite d’être lu avec prudence. Le cycle CLTC est généralement plus favorable que le WLTC utilisé en Europe. La source principale évoque environ 380 km WLTC pour le N70 Max et environ 365 km WLTC pour le N90 Max lorsque l’on convertit ces autonomies électriques à une norme plus proche des usages européens.

Ce n’est pas un détail. Pour un conducteur français, allemand ou belge, la promesse ne serait pas simplement de parcourir 1 700 km sans réfléchir. Le vrai intérêt serait plutôt de pouvoir faire une grande partie des trajets quotidiens en électrique, tout en gardant une réserve essence pour les vacances, les week-ends ou les zones où les bornes rapides restent rares.
Exemple concret : une famille qui vit en périphérie, roule 40 à 70 km par jour et part plusieurs fois par an avec enfants, bagages et coffre plein pourrait trouver ce format plus rassurant qu’un SUV électrique pur. La semaine se ferait majoritairement sur batterie. Les grands départs, eux, ne dépendraient pas uniquement d’une station de recharge libre au bon moment.
Les performances annoncées restent aussi solides pour un véhicule de ce gabarit. Le N90 Max passerait de 0 à 100 km/h en 5,9 secondes, avec une vitesse maximale de 190 km/h. La recharge de 20 à 80 % demanderait 18 minutes, un chiffre intéressant si les conditions réelles suivent.
Le prix chinois fait envie, mais l’Europe reste absente du scénario
Les précommandes sont ouvertes en Chine. Le SkyNomad N70 Max démarre à 259 900 yuans, soit environ 31 000 € selon la conversion reprise par la source principale. Le N90 Max grimpe à 299 900 yuans, soit environ 36 000 €. Ces montants concernent les versions Max, positionnées en haut de gamme, avant l’arrivée attendue de versions Pro et standard.
Le positionnement est agressif. Le N90 Max serait placé sous le Tesla Model Y L en Chine, cité à 339 000 yuans, soit environ 40 500 €. C’est précisément ce rapport entre format XXL, équipement massif et prix contenu qui rend l’annonce difficile à ignorer.
L’habitacle suit la logique Xiaomi : beaucoup d’écrans, beaucoup de puissance de calcul, beaucoup de démonstration technologique. La source évoque un affichage tête haute de 20 pouces, un écran central de 16,1 pouces, un écran arrière de 21,4 pouces, 25 haut-parleurs pour 4 890 watts, une puce Qualcomm pour l’habitacle et une puce Nvidia pour la conduite assistée.

Mais pour les conducteurs européens, le vrai sujet est ailleurs. Xiaomi prévoit une arrivée des SU7 et YU7 en Europe en 2027, mais les SkyNomad ne sont pas annoncés pour notre marché. La frustration vient de là : le produit semble répondre à une demande très européenne, celle d’un grand véhicule familial capable de longs trajets, mais Xiaomi ne donne aucun calendrier local.
Ce silence peut s’expliquer. Le marché chinois du prolongateur d’autonomie est très disputé, avec des acteurs comme Li Auto, Aito ou BYD. Xiaomi doit d’abord prouver que cette gamme peut exister chez elle, sur un segment déjà saturé. L’Europe ajouterait d’autres contraintes : homologation, normes, réseau commercial, service après-vente, fiscalité, recharge et perception des hybrides à prolongateur.
Reste que l’absence d’annonce européenne change la lecture de ces SkyNomad. Ce ne sont pas encore des futurs concurrents directs pour les SUV familiaux vendus en France. Ce sont surtout un signal : Xiaomi accélère dans l’automobile, teste d’autres architectures que le 100 % électrique, et pourrait disposer d’un argument redoutable si cette technologie traverse un jour les frontières chinoises.
Pour l’instant, les conducteurs européens devront donc regarder ces SUV de loin. Et c’est bien ce qui rend cette annonce frustrante : Xiaomi montre une formule qui coche beaucoup de cases, mais ne dit pas encore si elle sera accessible à ceux qui pourraient justement en avoir besoin.
