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Un dépassement de 50 % sans demande du conducteur, c’est le premier chagrin qui bloque la conduite assistée de Tesla en France

Par Gilles MarchettiMis à jour le 8 novembre 2026
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Le premier chagrin qui bloque la conduite assistée de Tesla en France tient à un chiffre : le système peut rouler jusqu’à 50 % au-dessus de la limitation sans que le conducteur le demande, et Philippe Tabarot, ministre des Transports, l’a refusée pour cette raison le 22 juillet 2026.

Depuis le 8 octobre 2026, le système s’appelle « Tesla Assisted Driving » en Europe, après avoir porté le nom de FSD Supervised. Il reste un système de niveau 2 : le conducteur surveille en permanence et répond de tout, même quand il lâche le volant sous l’œil de la caméra intérieure.

Le refus français vise la forme actuelle du système, et non le principe. La position du ministre tient en une phrase : « les contreparties en termes de sécurité ne sont pas encore suffisantes ».

Le dépassement de 50 %, le chagrin qui bloque tout

Dans certains cas, le système roule jusqu’à 50 % au-dessus de la limitation sans demande du conducteur. Concrètement : 75 km/h sur une route limitée à 50 km/h. C’est ce dépassement automatique que Paris refuse en premier.

Tesla FSD en conduite
@Tesla : FSD en conduite

Un tel écart coûte cher au conducteur, pas au logiciel. Sur route rapide, 50 % de trop dépasser vite un excès de vitesse de 50 km/h face à l’assureur, jusqu’à une suspension de permis à déclarer.

Ce chagrin n’est pas une position isolée. Fin septembre, la Suède a voulu bloquer l’homologation européenne tant que le système peut dépasser les limites. L’Allemagne a dessiné le compromis : un plafond à 10 % au-dessus de la limite, soit 55 km/h sur une route à 50 km/h.

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L’attention mal surveillée, l’autre point de blocage

Le deuxième chagrin porte sur la surveillance de l’attention du conducteur, jugée insuffisante pendant les changements de voie et dans les ronds-points. Pour un système de niveau 2, le droit ne bouge pas : chaque infraction reste imputée au conducteur.

Les articles L123-1 et L123-2 du code de la route, qui transfèrent la responsabilité pénale au constructeur, ne visent que le niveau 3 et au-delà, quand le système conduit vraiment seul. Ici, un excès commis par le système reste le vôtre.

Le système se paie aussi : un abonnement à 99 € par mois, depuis la suppression de l’achat à 7 500 € le 14 février 2026. Un propriétaire français ne peut l’activer que dans les pays qui l’autorisent.

Neuf pays l’autorisent déjà, le vote européen attendra décembre

Le 10 avril 2026, le RDW, l’autorité néerlandaise qui homologue les véhicules, a autorisé le système, une première en Europe. Il l’a fait au titre du règlement ONU n° 171, après 18 mois d’essais déclarés par Tesla : 1,6 million de km sur routes européennes, 4 500 essais sur piste et 13 000 parcours d’évaluation.

Tesla FSD vue du volant
@Tesla : FSD vue du volant

Neuf pays de l’Union européenne sont reconnus depuis cette homologation : les Pays-Bas, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la Tchéquie, la Croatie et la Slovaquie. Seule la Belgique partage une frontière avec la France. Le système reste actif d’un pays autorisé à l’autre et se coupe à la frontière française, allemande ou luxembourgeoise.

Les chiffres ne mesurent pas tous la même chose. Le bilan belge compte 24,6 millions de km et 5 incidents mineurs entre le 11 juin et le 31 août. Un essai bruxellois relève à l’inverse que la limite est dépassée dans 55 % des cas en zone 30, à 44 km/h en moyenne. Tesla publie ses propres données, calculées grâce à un compteur kilométrique cumulatif qui se met à jour tous les 1,6 km, comme le documente l’application Tessie. Sa référence reste la même Tesla conduite à la main, pas le conducteur moyen.

Aux États-Unis, juillet 2026 a été le pire mois enregistré par la NHTSA : 236 accidents déclarés, dont 4 mortels. Une autre enquête porte sur des feux rouges grillés et des contresens, avec 2,88 millions de véhicules visés. Ces données caractérisent des routes et des versions américaines, pas l’usage européen.

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Conclusion

Le RDW aurait de son côté validé une mise à jour ramenant le dépassement possible de 50 % à 10 %, ce qui répond directement au premier chagrin français. Le vote européen passe par le comité technique des véhicules à moteur : il faut 15 États sur 27 et 65 % de la population de l’Union. Fin septembre, 7 pays sur 27 le soutenait.

En septembre 2026, après un échange avec Elon Musk, le ministre a accepté que deux Tesla fournies soient testées sur les routes françaises. Aucun résultat n’a été annoncé à ce jour.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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