Face à des défis économiques et stratégiques, Stellantis envisage-t-il de rationaliser son portefeuille de marques, à l’instar de General Motors dans les années 2000 ? L’analogie entre les deux géants de l’automobile soulève des questions sur l’avenir de certaines marques emblématiques du groupe.
Un portefeuille de marques sous pression
Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler en 2021, regroupe 14 marques automobiles, dont Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, Jeep, Opel, Alfa Romeo, DS, Lancia et Maserati. Cette diversité, bien que stratégique, engendre des redondances et des coûts opérationnels élevés.

Certaines marques, comme DS, Lancia et Alfa Romeo, affichent des parts de marché européennes inférieures à 0,3 %, suscitant des interrogations sur leur viabilité à long terme.
Des performances financières en déclin
En 2024, Stellantis a enregistré une baisse significative de ses performances financières, avec une chute de 48 % de ses bénéfices au premier semestre par rapport à l’année précédente. Les ventes mondiales ont diminué de 12 %, affectées notamment par un recul de 25 % en Amérique du Nord. Ces résultats contrastent avec les ambitions initiales du groupe et renforcent la nécessité d’une réévaluation stratégique.
Des marques en sursis
Plusieurs marques du groupe sont aujourd’hui en difficulté. Maserati a vu ses ventes mondiales chuter de 57 % en 2024, atteignant un niveau historiquement bas de 11 300 véhicules écoulés. Chrysler, quant à elle, ne propose plus qu’un seul modèle, le Pacifica, lancé en 2017, et ses ventes aux États-Unis sont en déclin. Ces situations rappellent les décisions prises par General Motors dans les années 2000, qui avait supprimé plusieurs marques pour se recentrer sur ses activités les plus rentables. Découvrez notre article sur Stellantis face à une crise.
Une transition managériale cruciale

La démission de Carlos Tavares en décembre 2024 a laissé Stellantis à la recherche d’un nouveau PDG. John Elkann, président par intérim, a souligné l’importance pour le futur dirigeant de prendre des décisions audacieuses concernant le portefeuille de marques. Wayne Griffiths, ancien PDG de Seat et Cupra, est pressenti pour reprendre les rênes du groupe.
Une stratégie de recentrage nécessaire
À l’instar de General Motors, qui avait réduit son nombre de marques pour se concentrer sur les plus rentables, Stellantis pourrait envisager une stratégie similaire. Les marques comme Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, qui génèrent des volumes de ventes significatifs, pourraient être privilégiées, tandis que les marques moins performantes pourraient être restructurées ou cédées. Retrouvez également notre article sur Stellantis : Une baisse de production historique en France.
Conclusion
Stellantis se trouve à un carrefour stratégique. La rationalisation de son portefeuille de marques pourrait être une étape nécessaire pour assurer sa pérennité dans un marché automobile en pleine mutation. Le parallèle avec General Motors offre des enseignements précieux sur les choix difficiles, mais parfois indispensables pour garantir la compétitivité et la rentabilité d’un groupe automobile mondial.

