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Le thermique de 2035 sera surtout un hybride rechargeable, et c’est peut-être la vraie voiture de transition que l’Europe prépare

Par Gilles MarchettiMis à jour le 5 novembre 2026
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La fin des voitures thermiques neuves en 2035 ne ressemblera pas au scénario promis. À mesure que Bruxelles assouplit ses objectifs de CO2, c’est l’hybride rechargeable qui s’impose comme la vraie voiture de transition que l’Europe prépare.

En droit, la règle est claire depuis 2023. Le règlement (UE) 2023/851 impose une réduction de 100 % des émissions moyennes de CO2 des voitures neuves en 2035, par rapport au niveau de 2021 (95 g/km). Plus aucune thermique neuve en concession, y compris hybride. Le parc existant, lui, peut continuer de circuler.

Mais ce calendrier se fissure. Le 4 novembre, la commission Environnement du Parlement européen (ENVI) a voté un objectif abaissé à –87,5 %. Une inflexion qui change le sens même de la « fin du thermique ». Et la bascule n’a rien d’abstrait : dès 2021, 40 % des voitures neuves immatriculées en Europe n’étaient déjà plus à essence, rappelait The Conversation en retraçant le processus engagé après le scandale du Dieselgate.

De –100 % à –87,5 % : ce que Bruxelles a voté

En décembre 2025, la Commission européenne a présenté un « package automobile » qui ramènerait déjà l’objectif 2035 à –90 %, au lieu de –100 %. L’idée : laisser une marge pour d’autres leviers que l’électrique à batterie, avec une partie des émissions résiduelles compensées par de l’acier à bas carbone produit en Europe et des carburants renouvelables (e-fuels, certains biocarburants).

Le 4 novembre, les eurodéputés de la commission ENVI sont allés plus loin. Ils ont voté –87,5 % pour les voitures en 2035, toujours par rapport à 2021. Les 12,5 points restants ne disparaissent pas : le texte prévoit une compensation de 7,5 points supplémentaires via l’achat d’acier vert fabriqué dans l’UE, jusqu’à un maximum de 95 %.

Le paquet revoit aussi les utilitaires légers : –35 % en 2030 au lieu de –40 %, et –80 % en 2035. De quoi donner un peu d’air à Stellantis et Renault, très présents sur les fourgons, qui répètent que la demande en vans électriques reste loin des trajectoires imaginées.

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Jusqu’à 39 % de thermiques en 2035 : le scénario hybride rechargeable

Avec un objectif à –87,5 %, la « fin des ventes de thermiques » ne veut plus dire la même chose. Selon l’ONG Transport & Environnement, un tel niveau de contrainte permet à jusqu’à 39 % des voitures vendues après 2035 de conserver un moteur à combustion. Il s’agirait surtout d’hybrides rechargeables et de véhicules électriques à prolongateur d’autonomie, qui roulent une partie du temps à l’électricité mais gardent un réservoir et un moteur thermique.

L’hybride rechargeable, longtemps présentée comme un simple compromis transitoire, pourrait devenir la vraie voiture de transition de la décennie.

Transport & Environnement chiffre aussi l’impact climatique de ces rejets : environ 720 mégatonnes de CO2 supplémentaires entre 2025 et 2050 par rapport au scénario 100 % zéro émission, soit environ 10 % de plus que prévu au départ.

Détail lourd de sens : les véhicules roulants aux carburants de synthèse ou à certains biocarburants étaient reconnus comme « zéro émission » dès 2030, s’ils utilisent des carburants jugés éligibles. Les constructeurs pourraient en plus lisser leurs objectifs 2030 sur plusieurs années, et bénéficier de super-crédits pour les petites voitures électriques produites en Europe (un modèle de moins de 4,2 m compterait pour 1,4 voiture, un électrique efficace pour 1,2).

Macron et Merz progressent pour un objectif à –80 %

Le compromis ENVI n’est qu’une étape. Il doit encore être validé en séance plénière, lors d’un vote annoncé pour décembre, avant les « trilogues » avec le Conseil de l’UE. En parallèle, les eurodéputés travaillent sur un Industrial Accelerator Act qui conditionnerait certaines aides aux véhicules électriques à des critères « Made in Europe » sur les batteries, l’acier ou les composants stratégiques.

C’est dans ce contexte qu’un compromis franco-allemand entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz a été évoqué par plusieurs médias européens. Paris et Berlin défendraient une cible encore plus relâchée, autour de –80 % en 2035, sans obligation de fournir les 20 % restants par l’acier vert ou les carburants alternatifs, et avec un palier 2030 plus étalé.

L’argument avancé : protéger une industrie automobile européenne bousculée par la montée des constructeurs chinois sur l’électrique et par la perte de pièces de marché en Chine.

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Conclusion

Un cadre maintenu proche de –90 % ferait basculer la quasi-totalité du marché vers l’électrique, en laissant une niche aux modèles à combustion très encadrés. Un objectif à –87,5 % ou –80 % ouvrirait au contraire un lieu durable aux thermiques et aux hybrides rechargeables après 2035. Dans tous les cas, l’expression « fin du thermique » s’éloigne beaucoup de l’interdiction totale bande dessinée en 2023.

 

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Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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