Avec un prix de base de 9 500 dollars (environ 8 700 euros) en Chine et un assemblage européen prévu pour le second semestre 2026, le Leapmotor A10 s’apprête à bouleverser le marché des SUV compacts électriques.

Stellantis mise 1,5 milliard d’euros sur Leapmotor pour conquérir l’Europe avec trois nouveaux modèles électriques en 2026. Le A10, SUV compact de 4,27 m, vise directement les segments occupés par la Renault 4 et le Peugeot 2008. Analyse des atouts concrets qui pourraient redistribuer les cartes sur ce marché stratégique.
Leapmotor A10 : la stratégie Stellantis pour contourner les droits de douane
L’investissement de 1,5 milliard d’euros de Stellantis dans Leapmotor n’est pas un coup de poker. Cette somme colossale permet au constructeur franco-italien d’accéder aux technologies chinoises tout en contournant les droits de douane européens.

L’assemblage du A10 dans l’usine Stellantis de Saragosse transforme ce SUV chinois en véhicule européen. Une stratégie payante quand on sait que Leapmotor vient d’atteindre la rentabilité avec un bénéfice net de 538 millions de yuans en 2025. Stellantis récupère ainsi une marque profitable, capable de produire des véhicules électriques à bas coût.
Cette légitimité industrielle européenne donne au A10 un avantage décisif face aux autres marques chinoises. Vous achetez un véhicule assemblé en Espagne, avec la garantie Stellantis, mais au prix chinois.
Renault 4 vs Peugeot 2008 vs A10 : le match des équipements et des performances
Avec ses dimensions de 4,270 x 1,810 x 1,635 mm, le A10 joue dans la cour des grands. Il rivalise directement avec la Renault 4 et dépasse même légèrement le Peugeot 2008 en longueur.
Côté motorisation, deux niveaux de puissance s’offrent à vous : 94 ou 121 chevaux, alimentés par des batteries de 39,8 et 53 kWh. L’autonomie WLTP estimée oscille entre 340 et 430 km, dans la moyenne du segment.

Mais c’est sur les équipements que le A10 frappe fort. Écran tactile 14,6 pouces, capteur LiDAR et coffre généreux : équipements premium à prix accessible. La recharge rapide de 30 à 80 % en 16 minutes complète un package technique séduisant.
Le prix, arme fatale du Leapmotor A10 face aux modèles français
L’atout prix majeur : 65 800 yuans, soit environ 9 500 dollars. Même en ajoutant les coûts d’adaptation européenne, le A10 pourrait débarquer sous les 20 000 euros.
Face à une Renault 4 E-Tech à partir de 30 000 euros et un Peugeot e-2008 à partir de 40 000 euros, l’écart tarifaire devient abyssal. Cette différence de prix pourrait contraindre les constructeurs français à revoir leurs marges.
Stellantis joue ici un double jeu redoutable : concurrencer ses propres marques européennes avec une offre chinoise assemblée en Europe. Une stratégie risquée mais potentiellement payante sur un marché électrique encore hésitant.
Le Leapmotor A10 combine légitimité industrielle européenne et agressivité tarifaire chinoise, une équation redoutable. Renault et Peugeot devront réajuster leur stratégie prix-équipements face à cette nouvelle concurrence hybride. Êtes-vous prêt à faire confiance à une marque chinoise assemblée en Europe pour votre prochain véhicule électrique ?

