Citroën n’a jamais été une marque de cabriolets, mais les rares modèles décapotables qu’elle a produits sont devenus iconiques. Parmi eux, la Traction et la DS, véritables œuvres d’art roulantes. Pourtant, au début des années 80, le marché français manque cruellement de cabriolets haut de gamme, la Peugeot 504 étant alors vieillissante.

Un projet ambitieux né d’une passion
Le designer français Guy Deslandes décide de combler ce vide en créant un cabriolet sur la base de la Citroën CX. Pensé pour être produit en partenariat avec la marque aux chevrons, son projet prendra finalement une toute autre direction…
Grand amateur des Citroën découvrables, et notamment de la DS, Guy Deslandes rêve d’une CX cabriolet. Il approche alors les carrossiers Chapron et Heuliez pour concrétiser son idée.
Chapron refuse, et Heuliez réclame un prix exorbitant. Déterminé, Deslandes décide donc de réaliser lui-même sa propre version décapotable de la CX.
Plutôt que de simplement retirer le toit d’une CX GTI, il repense entièrement la ligne du véhicule. Il allonge les portières de 11 cm pour préserver l’équilibre des proportions et redessine totalement la poupe.
Trop effilée pour conserver les feux verticaux de la CX, il opte pour ceux de la Citroën Visa II, plus adaptés à son design.

L’Orphée, une apparition furtive mais remarquée
Baptisé Orphée, ce cabriolet haut de gamme est dévoilé en avant-première à l’exposition Equip’Auto 1983, puis brièvement au Salon de Genève 1984, le temps d’un après-midi.
Malheureusement, les dirigeants de Citroën ne la voient pas en personne et ne découvrent la voiture qu’à travers des prospectus.
Si la marque ne rejette pas l’idée, la situation financière de PSA ne permet pas d’investir dans un tel projet.
Pourtant, Georges Falconnet, alors directeur commercial de Citroën, manifeste son intérêt et propose d’exposer l’Orphée sur le stand de la marque au Salon de Paris.
Mais les discussions avec Deslandes échouent, et ce dernier décide de présenter son modèle sur son propre espace.

Un succès d’estime mais une production limitée
Présentée à Paris avec une carrosserie arrière en plastique, une teinte blanche et un intérieur rouge, l’Orphée séduit le public et la presse.
Encouragé, Deslandes tente de lancer une petite série via sa société Deslandes Design, basée à Villeneuve-sur-Allier.
Le prix est élevé : 170 000 francs à l’époque, soit environ 56 800 € actuels. Un tarif justifié par son exclusivité et son positionnement premium.
Pourtant, le succès commercial n’est pas au rendez-vous, et seuls quatre exemplaires seront construits, en plus du prototype initial en acier.
Aujourd’hui, au moins deux modèles subsistent, dont l’un a été vendu aux enchères en 2021 par la maison Osenat. L’Orphée reste ainsi un témoignage fascinant d’un rêve inachevé, celui d’un cabriolet CX que Citroën n’a jamais voulu produire en série.
Que pensez-vous de cette audacieuse transformation de la Citroën CX en cabriolet ? Une belle initiative ou un pari risqué ?

