Porsche met aux enchères une 962 du Mans, une 356 Emory et une 924 Safari
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Une Porsche 962 passée par Le Mans, une 356 préparée par Emory et une 924 transformée façon Safari se retrouvent dans une même vente, avec un catalogue court mais très ciblé pour les passionnés de la marque.
La vente se déroule le 8 août 2026 au Royaume-Uni, avec une participation possible en ligne. Elle accompagne l’univers de Megaphonics, le rassemblement Porsche organisé dans l’Oxfordshire, et s’appuie sur Car & Classic sous la bannière For the love of Porsche.
Le plus intéressant n’est pas seulement le prestige du badge Porsche. C’est le mélange. Dans une vingtaine de lots, on passe d’un tracteur Diesel Junior à une 962 de Groupe C, en croisant des 356, des 911 historiques et des modèles à moteur avant souvent moins attendus dans ce type de vente.

Une 962 du Mans homologuée pour la route, la pièce qui attire tous les regards
La star du catalogue est une Porsche 962 de 1988. À l’origine, cette voiture n’a rien d’une sportive de route déguisée pour la piste : c’est un prototype de course, engagé dans l’univers du Groupe C, qui a ensuite été homologué pour circuler sur route au Royaume-Uni.
Son pedigree donne immédiatement le ton. La voiture aurait été pilotée notamment par Mario Andretti et Derek Bell, deux noms qui suffisent à la sortir du simple registre de l’objet de collection. Elle s’est aussi classée 9e aux 24 Heures du Mans 1988, un détail qui change tout pour un acheteur : on ne parle pas d’une réplique ni d’une évocation, mais d’une auto avec une vraie histoire de course.
La fiche technique rapportée reste spectaculaire : flat-six biturbo, 790 ch et livrée Kenwood conservée. Pour un collectionneur, ce trio coche presque toutes les cases : rareté, palmarès, identité visuelle forte et possibilité d’un usage routier très particulier, même si ce dernier point demande toujours des vérifications administratives avant achat.
Au moment mentionné par la source, l’enchère la plus élevée atteignait 613 750 £, soit 716 366 €, sans que le prix de réserve soit encore atteint. Ce chiffre doit être traité avec prudence, car une enchère peut évoluer très vite jusqu’à la clôture. Découvrez notre article sur la Porsche 911 GT3 2026 : les nouvelles photos montrent une sportive qui ne cherche pas à se faire discrète.
La 356 Emory et la 924 Safari montrent deux façons opposées d’aimer Porsche
Face à la 962, la Porsche 356 Speedster pré-A de 1955 préparée par Emory joue une autre partition. Emory est connu pour ses Porsche anciennes profondément retravaillées, souvent au point de diviser les puristes. Pour certains, toucher à une 356 aussi ancienne relève presque du sacrilège. Pour d’autres, c’est précisément ce qui rend l’auto désirable : elle garde une silhouette iconique, mais avec une approche plus personnelle et plus utilisable.
Cette 356 serait passée chez le préparateur au début des années 2000 et n’aurait pas changé de propriétaire depuis 2012. Ce type d’historique compte, car les Porsche modifiées ne se jugent pas seulement sur leur rareté d’origine. La qualité de la préparation, la traçabilité et la cohérence du projet deviennent aussi importantes que le modèle de départ.
La 924 Safari prend encore une autre direction. Le coupé de 1978 a été restauré puis modifié avec une suspension rehaussée, des feux additionnels, des jantes de rallye, une livrée Martini grise et des sièges baquets rouges. C’est moins noble qu’une 962, moins patrimonial qu’une 356, mais sans doute plus parlant pour une nouvelle génération d’amateurs : une Porsche à moteur avant, transformée en objet de plaisir visuel et de balade décalée.
Cas concret : un acheteur qui cherche une Porsche pour rouler le week-end n’aura pas du tout le même rapport à ces trois voitures. La 962 relève presque du musée vivant, avec des contraintes fortes. La 356 Emory vise plutôt l’amateur de restomod haut de gamme. La 924 Safari, elle, peut séduire celui qui veut une Porsche différente, moins intimidante et plus narrative qu’une 911 classique.
Un catalogue court, mais assez large pour raconter toute la galaxie Porsche
La vente ne se limite pas aux trois modèles les plus visibles. Le catalogue comprend aussi un tracteur Porsche Diesel Junior 108 de 1959, jamais restauré mais annoncé fonctionnel. Ce genre de lot rappelle que Porsche ne se résume pas aux 911, même si l’image de la marque reste dominée par le sport et la route.
Les 356 sont également représentées avec une Karmann Notchback T6 de 1962, un coupé basé sur un cabriolet. Les modèles à moteur avant ne sont pas oubliés, avec notamment une 944 rouge de 1988 ayant appartenu pendant plus de vingt ans à un ancien mécanicien de course.
La 911 garde évidemment sa place dans la sélection. Une 911 2.0 à empattement court de 1965, préparée pour la course et homologuée pour les compétitions historiques FIA, vise un public très différent de celui d’une 911 Turbo type 930 de 1979 affichant un peu plus de 110 000 km.
C’est ce contraste qui donne du relief à la vente. Elle ne cherche pas seulement à empiler des Porsche chères. Elle montre plusieurs portes d’entrée dans la passion Porsche : la compétition pure avec la 962, la préparation d’auteur avec la 356 Emory, l’aventure stylisée avec la 924 Safari, le patrimoine avec les 356 et les 911, et même l’objet agricole avec le tracteur Diesel Junior. Retrouvez aussi notre article sur cette Porsche 356 n’est pas vraiment une Porsche classique, et c’est justement ce qui la rend si étrange à vendre.
Pour les acheteurs, la vraie question n’est donc pas seulement le prix final. C’est le type d’histoire qu’ils veulent acheter : une page du Mans, une Porsche ancienne réinterprétée, ou une machine plus inattendue qui raconte une autre facette de la marque allemande.
