MG Motor Europe a officialisé le 1ᵉʳ juin 2026 le lancement de sa gamme IM en France, Allemagne, Belgique et Pays-Bas, avec deux modèles premium censés bousculer Tesla sur son propre terrain. Mais la marque a elle-même admis que ces modèles ne seront probablement jamais vendus en France, plombés par des droits de douane de 35,3 % auxquels s’ajoutent 10 % de droits standards, soit 45,3 % au total.

IM5 et IM6 : les rivaux de Tesla que MG veut imposer en Europe
MG ne joue pas la carte de l’entrée de gamme. Les IM5 et IM6 visent directement le segment premium, celui où Tesla s’est installé depuis des années.
L’IM5 est une berline de 4,93 m. L’IM6 est un SUV coupé de 4,91 m avec 665 litres de volume de chargement. L’IM5 affiche un coffre de 473 litres, plus généreux que la Model 3 de Tesla, qui mesure 4,69 m.
L’autonomie annoncée atteint 709 km WLTP pour l’IM5 avec la batterie 100 kWh. L’IM6 revendique 624 km WLTP dans la même configuration. Ces chiffres sont en cycle normalisé : l’autonomie réelle en usage mixte sera sensiblement inférieure, comme pour tout véhicule électrique.
L’architecture 800 volts permet une recharge jusqu’à 400 kW. De 10 % à 80 %, la batterie 100 kWh se recharge en 17 minutes. C’est plus rapide que ce que proposent les Superchargeurs Tesla actuels en Europe.

La version IM5 Performance AWD abat le 0-100 km/h en 3,2 secondes pour une autonomie WLTP de 575 km. La version Long Range monte à 665 km WLTP.
À bord, MG mise sur un écran central de 26,3 pouces et un système audio 20 haut-parleurs, dont 4 Sky Speakers intégrés au toit. Au Royaume-Uni, l’IM5 démarre à 39 450 £.
IM Motors apporte une couche IA et connectivité que MG met en avant face à BMW et Mercedes.
Ces spécifications ont déjà convaincu les marchés britannique et suisse. La France est une autre histoire.
Déjà lancés au Royaume-Uni et en Suisse : pourquoi la France fait exception
L’IM5 est commercialisé au Royaume-Uni depuis l’été 2025, à partir de 39 450 £. La Suisse a suivi en novembre 2025, avec un prix d’entrée à 41 990 CHF. Les deux modèles avaient été présentés au Festival of Speed de Goodwood en juillet 2025.
Le lancement européen de MG est réel, mais fragmenté. Le Royaume-Uni et la Suisse ne font pas partie de l’Union européenne, et ce n’est pas un hasard.

En France, MG ne pèse que 1,45 % de part de marché en 2024. La marque n’a jamais réussi à s’imposer durablement face aux acteurs établis, malgré des prix agressifs sur ses modèles d’entrée de gamme comme le MG4.
Les IM5 et IM6 sont en réalité des rebadges des IM L6 et IM LS6, déjà vendus en Chine depuis 2023-2024 sous la marque IM Motors. Cette coentreprise SAIC-Alibaba-Pudong produit ses véhicules en Chine. Et c’est précisément là que le problème commence.
MG a confirmé que les IM5 et IM6 ne seront pas vendus en France, au moins pour le moment, car la marque ne parviendrait pas à être compétitive une fois les droits de douane acquittés.
Les droits de douane à 45,3 % combinés : le mur infranchissable pour MG en France
SAIC, maison-mère de MG, est soumise à des droits compensateurs de 35,3 % sur les véhicules électriques produits en Chine et importés dans l’UE, auxquels s’ajoutent les 10 % de droits standards, soit 45,3 % au total. C’est le taux combiné le plus élevé appliqué à un constructeur chinois dans le cadre des mesures décidées par Bruxelles en octobre 2024. Sur un véhicule dont le prix de revient est de 35 000 €, la facture douanière dépasse 15 000 €. La compétitivité tarifaire s’évapore immédiatement.
Face à une Tesla Model 3 affichée autour de 44 990 € en France, ou une Model Y à 46 990 €, MG ne pourrait pas proposer l’IM5 à un prix catalogue attractif sans vendre à perte. L’annonce d’un lancement français en juillet 2026 ressemble davantage à un exercice de communication qu’à une promesse commerciale.
Tesla produit ses véhicules vendus en Europe dans son usine de Berlin. Zéro droit compensateur. L’avantage concurrentiel est structurel, pas conjoncturel.

MG se retrouve dans une impasse caractéristique des marques chinoises qui tentent de pénétrer le marché européen sans capacité de production locale. BYD fait face au même problème, avec un taux compensateur de 17 % (27 % combiné), bien inférieur à celui de SAIC. La différence de traitement illustre l’ampleur du handicap de MG.
MG communique comme si la France était un marché acquis, mais les droits de douane transforment cette ambition en promesse creuse.
Le vrai enjeu n’est pas la qualité technique des IM5 et IM6. Ces modèles sont réels, leurs spécifications sont sérieuses, et leur succès au Royaume-Uni le prouve. Le problème, c’est la capacité de MG à contourner une barrière commerciale de 45,3 % combinés qui rend tout prix français structurellement non compétitif face à Tesla.
Si l’IM5 arrivait malgré tout en concession française, seriez-vous prêt à payer 15 à 20 % de plus qu’une Tesla Model 3 pour des performances équivalentes ?

