News

Une taxe menace certaines voitures électriques, pendant que l’Europe défend sa production automobile

Par Jacqueline NivelleMis à jour le 23 septembre 2026
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Partager :FacebookXWhatsApp

L’Europe veut protéger sa production automobile, mais le durcissement des règles commerciales avec le Royaume-Uni pourrait imposer 10 % de droits de douane à certaines voitures électriques dès 2027.

Le point de bascule est fixé au 1ᵉʳ janvier 2027. Pour continuer à circuler sans droits de douane entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, une voiture électrique devra intégrer une proportion plus élevée de composants et de batteries produits dans ces deux territoires.

Cette exigence se heurte à la structure actuelle de l’industrie. Une partie importante des cellules, des matériaux actifs et des composants de batteries provient encore d’Asie. Des modèles assemblés en Europe ou au Royaume-Uni pourraient donc échouer au test de l’origine malgré une production locale.

Une taxe menace certaines voitures électriques
Une taxe menace certaines voitures électriques

Une taxe de 10 % qui pourrait frapper certains modèles électriques

Les véhicules qui ne respecteront pas les nouveaux critères risquent de perdre leur exemption douanière. Des droits de 10 % pourraient alors s’appliquer lors des échanges entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

La mesure ne concernerait donc pas toutes les voitures électriques. Son application dépendrait de l’origine de leurs batteries, de leurs composants et de la part de valeur produite en Europe ou au Royaume-Uni. Deux modèles assemblés dans la même usine pourraient ainsi être traités différemment selon leur chaîne d’approvisionnement.

L’Association des constructeurs européens d’automobiles, l’ACEA, évalue la facture potentielle à 1,5 milliard d’euros par an. Elle demande une mise en place progressive afin de laisser davantage de temps aux industriels pour développer une chaîne européenne de batteries et de composants.

Ce coût pourrait être absorbé par les constructeurs, répercuté en partie sur les prix ou modifier les flux de production. Aucun de ces effets n’est automatique, mais une taxe de 10 % réduirait la marge disponible sur les modèles concernés.

Le Made in Europe devient un enjeu industriel et commercial

Au même moment, l’Union européenne prépare un cadre destiné à favoriser les véhicules et les technologies produits sur son territoire. Son Industrial Accelerator Act doit orienter une part plus importante des aides, des marchés publics et des programmes de soutien vers la production européenne.

Cette politique vise notamment à réduire la dépendance de l’industrie automobile envers les batteries et technologies chinoises. Le 16 septembre 2026, Ursula von der Leyen a défendu une Europe plus indépendante et capable de protéger ses intérêts lors de son discours sur l’état de l’Union, d’après le compte rendu de Touteleurope.eu.

Cette préférence européenne inquiète plusieurs partenaires commerciaux. Le Royaume-Uni, le Japon et la Turquie chercheraient à obtenir un accès élargi aux futurs avantages du Made in Europe. Londres et Ankara peuvent faire valoir l’intégration ancienne de leurs usines dans les chaînes de production européennes, tandis que le Japon souhaiterait négocier un accord bilatéral. Retrouvez notre article sur les voitures électriques battent leur record annuel en Chine, les hybrides rechargeables commencent à décrocher.

La question dépasse l’emplacement de l’assemblage final. Elle touche aussi l’origine des cellules, des matériaux de batterie, des logiciels et des autres composants stratégiques. Une définition très stricte du Made in Europe renforcerait la production locale, mais écarterait davantage de véhicules fabriqués avec des pièces importées.

L’Europe doit éviter de pénaliser ses propres objectifs électriques

Les deux dossiers exposent une tension claire. L’Union européenne veut accélérer la construction d’une filière automobile locale, alors que cette filière ne produit pas encore tous les composants nécessaires en quantité suffisante. Un calendrier trop rapide pourrait taxer certains véhicules avant que leurs constructeurs disposent d’une solution européenne de remplacement.

Le Royaume-Uni reste un marché important dans cette équation. Sa population atteignait 70,4 millions d’habitants en 2025 selon les données du FMI reprises par Le Moci. Les échanges automobiles avec ce pays représentent donc un enjeu industriel qui dépasse les seules usines britanniques.

Voitures électriques
Voitures électriques

Une période de transition donnerait aux constructeurs le temps de relocaliser une partie de leurs approvisionnements. À l’inverse, un report trop large réduirait la pression exercée sur les investissements européens. Le débat portera autant sur le calendrier que sur la définition exacte d’un véhicule produit en Europe.

La défense de l’industrie européenne peut soutenir l’emploi et limiter certaines dépendances stratégiques. Pour atteindre cet objectif sans renchérir prématurément les voitures électriques, Bruxelles devra aligner ses règles d’origine, ses aides industrielles et la capacité réelle des fournisseurs européens. Retrouvez aussi notre article sur les voitures électriques deviennent si lourdes que Brembo sort l’étrier de frein le plus puissant de son histoire.

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
Auteur

Jacqueline Nivelle

Rédactrice à iTransports, Jacqueline suit les lancements et l'actualité des constructeurs automobiles. Elle recoupe les sources officielles avant publication pour livrer une information claire et vérifiée.

Voir ses articles