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Votre voiture échappe probablement au certificat de cybersécurité : 40 millions de véhicules roulent en France sans cette homologation

Par Gilles MarchettiMis à jour le 19 octobre 2026
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Depuis juillet 2024, aucune voiture neuve ne s’immatricule en Europe sans homologation de cybersécurité, mais les 40 millions de voitures du parc français ont pour l’essentiel échappé à cette règle.

Le sujet à resurgi au Mondial de l’auto. La crainte d’une prise de contrôle à distance des voitures chinoises a gagné le gouvernement. « On a plutôt intérêt à ne pas avoir de véhicules qui pourraient être commandés depuis la Chine », a déclaré le 13 octobre Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie.

Les experts spécialisés cette semaine jugent le scénario « tout à fait faisable ». Interdire ces modèles ne réglerait pourtant rien, concluant-ils : une règle européenne encadre déjà ce risque, mais elle ne protège que les voitures neuves.

Une homologation devenue obligatoire en deux temps

Le texte s’appelle le règlement n° 155 de l’ONU. L’Union européenne l’a rendu obligatoire via son règlement 2019/2144 sur la sécurité des véhicules, à la ligne « protection du véhicule contre les cyberattaques ».

La règle s’applique en deux temps. Le 6 juillet 2022, les nouveaux modèles homologués ont dû obtenir le certificat. Le 7 juillet 2024, plus aucune voiture neuve ne pouvait être immatriculée sans lui, quel que soit son pays de fabrication.

Seuls des stocks déjà fabriqués ont pu être passés par dérogation pendant 12 mois, dans la limite de 10 % des immatriculations de l’année précédente. Cette fenêtre s’est refermée en juillet 2025.

Concrètement, le constructeur doit prouver qu’il organise la sécurité informatique de ses voitures pendant toute leur vie, pas seulement à la sortie d’usine. Le certificat vaut 3 ans au maximum et doit être renouvelé. Un compte rendu de surveillance doit également être remis à l’autorité au moins une fois par an.

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40 millions de voitures sans certificat : et la vôtre ?

L’homologation ne vaut que pour les voitures neuves vendues depuis son entrée en vigueur. Le parc français compte 40 millions de voitures, dont l’âge moyen atteint 11,8 ans selon le service statistique du ministère de la Transition écologique.

La grande majorité des voitures en circulation ont donc été vendues avant que la règle ne s’applique. Une voiture immatriculée avant le 7 juillet 2024 n’a pas eu à passer l’homologation, sauf si son modèle a été homologué après le 6 juillet 2022.

Pour le vérifier, le champ B de la carte grise donne la date de première immatriculation. Un réflexe utile avant d’acheter une voiture d’occasion.

Ce que la règle ne couvre pas

La règle a déjà eu des conséquences concrètes. Avant l’échéance de juillet 2024, Volkswagen a retiré du marché européen sa up! et son utilitaire T6.1, dont l’électronique conçue avant la règle aurait dû être entièrement refaite. Porsche a fait de même pour le Macan thermique et les 718 Boxster et Cayman thermiques.

D’autres arrêts ont coïncidé avec l’échéance sans lui être imputé. Renault, Audi et Mercedes ont démenti tout lien avec la cybersécurité pour la Zoé, les TT et R8 et la smart électrique.

Le certificat ne couvre pas non plus les boîtiers ajoutés après l’achat : un traceur, un boîtier branché sur la prise de diagnostic ou une application tierce ne font pas partie de la voiture homologuée. L’Union contrôle la sécurité, pas la nationalité des composants.

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Conclusion

Les États-Unis ont choisi l’autre voie. Une règle publiée le 16 janvier 2025 y interdit les logiciels liés à la Chine ou à la Russie dans les voitures connectées à partir des modèles 2027, le matériel à partir des modèles 2030. L’Europe, elle, impose un examen de sécurité à chaque constructeur sans regarder d’où vient le code.

Une voiture chinoise vendue en France passe le même examen qu’une Renault ou qu’une Volkswagen, et reste une voiture comme les autres pour son assureur. Le certificat règle la question des modèles neufs. Pour les voitures déjà en circulation, la règle ne s’applique pas rétroactivement.

 

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Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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