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La vignette auto pourrait bel et bien revenir à 140 euros par an en moyenne, avant de presque doubler à 260 euros en 2035

Par Gilles MarchettiMis à jour le 3 octobre 2026
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Un groupe de réflexion propose de faire revenir la vignette auto sous la forme d’une redevance annuelle modulée selon le revenu, le lieu de vie et le nombre de véhicules, pour compenser la baisse des recettes du carburant.

Il ne s’agit pour l’instant que d’une proposition, mais elle relance un vieux débat. Dans un rapport publié en septembre 2026, l’Institut mobilités en transition (IMT) imagine une « redevance annuelle véhicule » d’environ 140 euros par an en moyenne pour une voiture de particulier en 2030, puis 260 euros en 2035. Les montants de 30 à 910 euros qui roulent ne sont que les deux extrémités de quatre cas types, pas des barèmes généralisés.

Rien n’est voté et rien n’entrerait en vigueur avant 2030. La grande différence avec l’ancienne vignette tient à la méthode : la facture serait modulée selon le revenu, le lieu de vie et le nombre de véhicules du ménage, ce qui suppose de croiser des données fiscales.

140 euros en 2030, 260 euros en 2035 : les montants envisagés

Le rapport de l’IMT donne des ordres de grandeur par catégorie de véhicule, avec de fortes variations d’un modèle à l’autre.

Catégorie 2030 2035
Voiture de particulier 140 € 260 €
Voiture d’entreprise 320 € 510 €
Utilitaire léger 420 € 760 €
Poids lourd 560 € 1 020 €
Bus ou voiture 270 € 470 €
Deux, trois roues ou quadricycle 70 € 120 €

Pour la voiture de particulier, la moyenne passerait donc de 140 euros en 2030 à 260 euros en 2035, soit presque le double en cinq ans. Ces chiffres restent des estimations annuelles moyennes.

Les bornes de 30 et 910 euros viennent de quatre foyers fictifs, tous calculés pour 2030. Le plus élevé atteindrait 910 euros : un ménage parmi les 20 % les plus aisés, vivant en centre-ville, qui possède plusieurs véhicules dont un thermique lourd et ancien. Le plus faible tomberait à 30 euros : un ménage très modeste, en zone périurbaine ou rurale, avec une seule électrique légère dont l’assemblage et la batterie sont européennes.

Entre les deux, un ménage parmi les 20 % les plus modestes paierait 70 euros avec un thermique ancien, et 40 euros avec une assemblée électrique dans l’Union européenne mais dotée d’une batterie non européenne. L’IMT précise que ces montants ne sont pas des prescriptions.

140 euros en 2030, 260 euros en 2035 les montants envisagés
140 euros en 2030, 260 euros en 2035 les montants envisagés

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Pourquoi taxer la détention plutôt que le carburant

En 2025, la fiscalité routière a rapporté 67,5 milliards d’euros aux administrations publiques, soit 4,6 % de leurs recettes, contre 5,6 % en 2019. À la fiscalité routière, cette partie tomberait à 3,4 % en 2035, un manque à gagner de 22 milliards d’euros. L’électrification n’expliquerait que la moitié de ce recul, selon l’IMT. L’autre moitié provenait de l’absence d’indexation de certaines taxes, des accises en tête, et du rapport des consommations vers des carburants moins taxés.

Pourquoi taxer la détention plutôt que le carburant
Pourquoi taxer la détention plutôt que le carburant

Reste le problème du kilomètre. À distance égale, un conducteur de voiture électrique versait six fois moins de taxes liées à l’usage qu’un conducteur de thermique : l’accise sur l’électricité est deux fois plus faible, à énergie égale, et une consommation électrique environ trois fois moins d’énergie. Une taxe payée anonymement à la pompe ne peut pas non plus être modulée selon le revenu. Elle pèse 1,9 % du revenu disponible pour la moitié la plus modeste des ménages, contre 1,3 % pour la moitié la plus aisée.

L’IMT écarte les autres pistes : relever la fiscalité de l’électricité, créer une taxe kilométrique visant les électriques, ou augmenter l’accise sur les carburants, qui frapperait d’abord les ménages encore équipés d’un thermique.

Une taxe « sur mesure », mais rien de voté avant 2030

Pas d’autocollant sur le pare-brise à prévoir. La redevance serait prélevée chaque année auprès du détenteur enregistré du véhicule, ce qui permettrait justement de la moduler. Le rapport indique qu’elle pourrait être croisée avec les données fiscales : revenu fiscal de référence, taille du ménage, lieu d’habitation. La recommandation 38 énumère plus d’une dizaine de critères, du type de véhicule et de sa motorisation à sa masse, ses émissions, le revenu et le niveau de richesse, sans oublier l’écoscore, le lieu de fabrication de la batterie et l’efficacité énergétique pour les électriques.

Le rapport ne détaille cependant pas comment ces croisements se feraient en pratique, et il ne mentionne pas la CNIL, l’autorité chargée de la protection des données personnelles. Il faudrait aussi savoir quelles administrations accédaient à quelles informations, et comment un ménage modeste ou rural prouverait sa situation. Ces questions seraient à trancher bien avant 2030 si l’idée était reprise.

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Conclusion

Pour mémoire, la vignette a été créée en 1956 pour financer le Fonds national de solidarité destiné aux personnes âgées. Forfaitaire, sans lien visible avec l’usage du véhicule, elle a été supprimée pour les particuliers au tournant des années 2000, puis pour les professionnels en 2006. Le think tank recommande une appellation plus sobre, « redevance », et met en avant quatre différences avec l’ancien dispositif : modulation environnementale, modulation sociale, universalité et affectation identifiable des recettes.

La redevance est la 38e et dernière mesure du rapport. Elle remplacerait deux taxes existantes sur les véhicules d’entreprise et les poids lourds, pour un rendement visé d’environ 9 milliards d’euros en 2030 et 17 milliards en 2035. L’objectif affiché est de maintenir la part de la fiscalité routière entre 4,3 et 4,8 % des recettes publiques. L’IMT vise les futurs projets de loi de finances : c’est là que l’idée serait d’abord testée, ou enterrée.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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